Biographie de Jacques de Saint Phalle.

Jacques de Saint-Phalle a fait partie du groupe de chasse Normandie-Niemen, seule unité aérienne de la France libre engagée sur le front de l’Est aux côtés des Soviétiques entre 1940 et 1945 ; le groupe de chasse le plus titré de toute l’histoire de l’aviation française.

L’enfance

Jacques de Saint Phalle est né le 30 juin 1917 à Mazagan, au Maroc, où son père, démobilisé à cause d’une blessure aux genoux, est ingénieur des Ponts et Chaussées.

Son adolescence est plutôt mouvementée.

Il grandit à Montgoublin dans la Nièvre, aîné d’une famille de cinq enfants. La famille Saint Phalle a alors perdu l’essentiel de sa fortune dans la grande crise de 1929. Très pieux, le jeune Jacques se destine un moment à la vie monastique, avant de choisir l’aviation.

Les années de formation

Élève à l’école de pilotage d’Istres, il obtient son brevet de pilote le 7 juillet 1939 à Nîmes Courbesac.

Il effectue son perfectionnement à la chasse à l’école d’Avord, puis au Centre d’Instruction à la chasse d’Oran-la-Sénia en Algérie, où il rencontre le futur commandant René Mouchotte.
Le jeune sergent a alors accumulé 150 heures de vol, qui ne lui permettent toutefois pas de participer à la campagne de France

Le parcours singulier d’un Français libre

A l’Armistice, il obtient une permission renouvelable et rentre en zone libre, où il travaille comme charbonnier puis comme forestier dans la région de Foix. Il est rappelé à Istres comme gardien-veilleur de février 1941 à mai 1942, date à laquelle il obtient le congé d’Armistice. Complètement démobilisé, il tente de quitter la zone Sud par deux fois, avant de rejoindre ses frères à Paris, où il travaille comme dans un garage appartenant à un oncle banquier.
En février 1943, il parvient enfin passer en Espagne pour rejoindre soit l’Angleterre soit l’Afrique du Nord où les Américains ont débarqué. Pris en charge par un réseau anglais à Madrid, il rencontre Henri Foucaud, un pilote confirmé qui devient son ami. Ensemble, ils rallient Londres en avril 1943 et s’engagent dans les Forces aériennes françaises libres.

Combattre en URSS

Jacques suit pendant quelques mois les cours de la Royal Air Force au camp de Camberlay, avant qu’Henri Foucaud ne le persuade de partir sur le front russe. Il déclare alors 700 heures de vol au lieu de 150 pour être accepté. Tous deux se portent volontaires pour faire partie des renforts destinés à l’escadrille Normandie. Jacques arrive en URSS le 13 août 1943. Malgré son inexpérience, le commandant Pouyade accepte de l’entraîner.
En octobre 1943, il accomplit sa première mission sur sa demande, avec Marcel Albert et Henri Foucaud, ses chefs de patrouille.
Avec ses camarades, Jacques va participer à la fin de la première campagne du Normandie (autour de Smolensk), ainsi qu’à la deuxième campagne (entre la Biélorussie, la Pologne et la Lituanie) qui les mène jusqu’à la Prusse Orientale, ce qui vaut à l’unité d’être baptisée par Staline « Normandie-Niemen », en référence au fleuve situé à la frontière.
Avec les anciens du régiment, le sous-lieutenant Saint Phalle quitte l’URSS le 12 décembre 1944 avec une victoire homologuée à son actif, plus une probable.

Distinctions

Officier de la légion d’honneur, Croix de guerre 1939-1945 (France).
Ordre de l’Étoile rouge, ordre de la Guerre pour le Salut de la Patrie (URSS).

Après guerre

Entre 1945 et 1946, Jacques de Saint Phalle est affecté à l’école de chasse de Meknès, comme moniteur.
Il fait ensuite une longue carrière chez Air France, où il sera, au début des années 1970, l’un des premiers pilotes de la compagnie à voler sur Boeing 747.
Il prend sa retraite en 1977 et s’éteint à Paris le 15 juin 2010.

L’aviation fut l’histoire de toute sa vie.

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