Décès du général Lucien Le Boudec, grand donateur à l’ECPAD

Le 19 août 2013, le général Lucien le Boudec, grande figure des parachutistes du « 6 », le bataillon de Marcel Bigeard, s’est éteint à Paris. L’ECPAD rend hommage à cette personnalité du monde militaire, dont l’engagement pour sa patrie s’est conjugué à celui de témoin de l’Histoire en consignant ses mémoires dans un récit autobiographique, Élevé à la dignité…[1], et en donnant ses souvenirs cinématographiques à l’ECPAD en septembre 2012.

Lucien Le Boudec est né le 18 janvier 1923 à Paris. Il a 21 ans lorsqu’il s’engage dans la Résistance en août 1944, au 8e bataillon des Forces françaises. Il rejoint en 1948 la 1re demi-brigade coloniale de commandos parachutistes où il côtoie le colonel Massu. Brevêté parachutiste, il suit l’entraînement dispensé aux troupes en partance vers l’Indochine. Affecté au 6e bataillon colonial de commandos parachutistes, il y séjourne de 1949 à 1951. Volontaire pour un deuxième séjour, le lieutenant Le Boudec intègre le 6e bataillon de parachutistes coloniaux sous les ordres du capitaine Marcel Bigeard. Peu avant d’embarquer pour l’Indochine en juillet 1952, Lucien Le Boudec achète une caméra GIC 8 mm qu’il emporte avec lui.

Au sein du « bataillon Bigeard », il est engagé dans les nombreuses opérations menées au Tonkin et au Laos entre 1952 et 1953, avant d’être parachuté au printemps 1954 sur Diên Biên Phù où il sera promu capitaine à titre exceptionnel. Après la défaite, il connaît pendant quatre mois la rigueur de la captivité dans un camp de prisonniers du Vietminh. De son séjour indochinois, il rapporte sept bobines de films couleur et noir et blanc. Le regard que porte le jeune lieutenant sur les événements traduit l’esprit de camaraderie et de courage de ses frères d’armes, témoigne de sa découverte d’une culture autre tout autant qu’il imprime sur la pellicule les heurts de la guerre qu’il a lui-même violement éprouvés.

En avril 1956, Lucien Le Boudec rejoint le 3e régiment de parachustistes coloniaux (RPC) du colonel Marcel Bigeard en Algérie. Il effectue ensuite plusieurs missions au sein du 7e et 2e régiment de parachutistes d’infanterie de marine, à Dakar au Sénégal de 1960 à 1963, puis à Madagascar en 1968. Après avoir occupé plusieurs postes de directeur d’instruction de combat dans les écoles militaires de Pau et de Saint-Cyr, Lucien Le Boudec est nommé général de brigade en 1980.

Combattant d’exception, plusieurs fois blessé, le général Le Boudec est élevé à la dignité de Grand-Croix de la Légion d’honneur en 2009. Il était également Grand-Croix de l’ordre du Mérite.


[1] Lucien Le Boudec, Élevé à la dignité… mémoires, 1923-1954 (récits, entretiens et correspondances), Panazol, éd. Lavauzelle, 2013, 543 p.

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