Hommage à Claude BERNARD-AUBERT (26 mai 1930, Durtal – 25 juin 2018, Le Mans)

Claude Bernard-Aubert, né Claude Ogrel, nous a quittés le 25 juin 2018 à l’âge de 88 ans.

Engagé volontaire pour l’Indochine en 1948, Claude Bernard-Aubert occupe successivement les fonctions de reporter radio pour le Service presse information (Radio France-Hanoi puis Radio Hirondelle) et d’opérateur pour les actualités cinématographiques et télévisées. Parallèlement, il intègre en 1950 un Bataillon de marche indochinois et connaît pendant quelques mois le quotidien d’une unité combattante.

Couvrant cinq années de guerre en Indochine, Claude Bernard Aubert témoigne du quotidien des soldats, de la rudesse des combats, ou encore de moments historiques : la bataille de Phu Ly,  pour laquelle il est décoré de  la Croix de guerre des Théâtre d’opérations extérieure, la libération de prisonniers français des camps du viêt-minh, l’évacuation de Hanoï par les français et l’arrivée du viêt-minh dans la ville sont autant d’évènements qu’il immortalise.

Cette expérience de la guerre le marque à jamais et jalonne son œuvre cinématographique : Patrouille de choc (1956) est le premier film de guerre français sur l’Indochine porté au cinéma. Tourné au Vietnam dans les dernières semaines de la présence française, avec le concours de l’armée qui fournit matériel et figurants, le film dépeint la cruauté de la guerre avec un tel réalisme que la censure intervient, faisant modifier le titre et la fin du film.  Le facteur s’en va-t-en guerre (1966) et Charlie Bravo (1980) bouclent la « trilogie indochinoise» d’un cinéaste humaniste et subversif. Auteur de 15 films de fiction, il rencontre son plus grand succès avec L’affaire Dominici (1973). En 2013, l’ECPAD a mené, avec le concours des Archives françaises du film (CNC), de Delphine Robic-Diaz[1] et sous la supervision de Claude Bernard-Aubert, les travaux de restauration du film Patrouille de choc dans sa version originelle non censurée. Patrouille sans espoir, était projeté pour la première fois au musée de l’Armée dans le cadre de la programmation Indochine Now ! devant une salle comble et un réalisateur très ému.

C’est avec une grande tristesse que l’ECPAD a appris son décès. Claude Bernard Aubert était l’un de ces « anciens » de la maison qui continuaient à nous rendre visite pour le plus grand plaisir de tous. Nous présentons à sa famille et à ses proches nos sincères condoléances.

 

[1] Delphine Robic-Diaz est maitre de conférences en études cinématographiques à l’Université Paul-Valéry-Montpellier 3. Spécialiste du cinéma de guerre et des représentations coloniales et post-coloniales, elle est l’auteur de La guerre d’Indochine dans le cinéma français – Images d’un trou de mémoire, 2015, PU Rennes.

 

Référence : NVN 54-136 R20
Interview pour Radio-Hirondelle lors de la libération de prisonniers de l’Union française, à Viet Tri.
Photographe : Georges Liron
Date : 27 août 1954

Référence : NVN 54-85 R36
Claude Bernard Aubert avec sa caméra Paillard, lors de la bataille de Phu Ly.
Photographe : Fernand Jentile
Date : 2-3/07/1954

Référence : NVN 54-85 R24
Claude Bernard Aubert et Lucien Millet filmant les accrochages lors de la bataille de Phu Ly.
Photographe : Fernand Jentile
Date : 2-3/07/1954

Référence : NVN 54-102 R9
Le cameraman Claude Bernard Aubert et un représentant de la presse française s’apprêtent à accoster pour suivre la libération de prisonniers français à Sam Son, au Tonkin.
Photographe : Risser
Date : 13-14 juillet 1954

 

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