Journal de guerre n°12, semaine du 23 décembre 1939.

Les sujets abordés cette semaine :
– des travaux de fortifications et un camouflage de pièce dans le massif des Vosges,
– une visite aux avant-postes du général Georges, adjoint du général Gamelin et commandant en chef du théâtre d’opérations du Nord-Est,
– le Corps expéditionnaire britannique en France,
– le dragage de mines,
– la vie quotidienne des prisonniers de guerre allemands,
– le fonctionnement d’une Section de repérage par observation terrestre (SROT), chargée du repérage des tirs d’artillerie ennemis.

Travaux de fortifications, camouflage de pièce.
Inauguré par une succession de travellings avant sur une route bordée d’arbres et de poteaux camouflés, un montage met l’accent sur la consolidation du système de défense : aménagement d’un sentier de rondins, construction de passerelles en bois dans une forêt enneigée (1), aménagement d’une pièce d’artillerie lourde de 155 mm Long Schneider, travaux de bétonnage menés par des soldats écossais, camouflage d’une pièce de 155 mm Long Schneider. Alors que résonne une musique aux consonances wagnériennes, la résistance de « la petite et héroïque Finlande face à la sauvage agression de la complicité germano-soviétique » est soulignée (2).

Visite du général Georges aux avant-postes.
Le général Georges, commandant en chef du théâtre d’opérations du Nord-Est, rend visite aux avant-postes. En compagnie d’officiers, dont le général Requin, commandant la 4e armée, il consulte une carte dans un sous-bois puis sur une route de campagne, tandis que sont énumérées les différentes agressions ennemies en Europe (« Terreur sur le Danube », « Pirates et corsaires sur la mer », « Feu et sang sur la Finlande », etc.).

Corps expéditionnaire britannique en France.
La participation des soldats du Corps expéditionnaire britannique, ou British expeditionary force (BEF), est exaltée à travers différents sujets. Un groupe de soldats pose des barbelés dans un champ. Des troupes prennent leurs cantonnements dans un village. Après la distribution de soupe et la corvée de pluches, un soldat danse au-dessus d’un faisceau de pelles dans la cour d’une ferme au son de 3 cornemuses. Alors que les soldats se préparent à quitter le village, le commentaire, reprenant les propos de Winston Churchill, Premier Lord de l’Amirauté, annonce le débarquement du premier contingent du Corps expéditionnaire canadien. Le général Gort, commandant en chef de la BEF, rend visite au général Blanchard, commandant la 1re armée, tandis que Georges Pernot, ministre du Blocus, accompagne son homologue britannique sur la ligne Maginot (3). Sur la bande sonore, les exploits du torpilleur français « Siroco » et du sous-marin anglais « Salmon » sont mis en parallèle avec les pertes de la Marine allemande, comme le cuirassé de poche « Graf Spee ».

Dragage de mines.
En mer, un torpilleur procède au dragage des mines, opération dont les étapes successives sont rapportées.

Vie quotidienne des prisonniers de guerre allemands (4).
Entrecoupée de plans d’épaves d’avions de combats allemands Dornier DO 215 et Messerschmitt Me 109, exposées à la population, cette séquence présente la vie quotidienne des prisonniers de guerre allemands, parmi lesquels de nombreux aviateurs, dans un camp. Particulièrement bien traités, les captifs pratiquent des exercices physiques dans une cour derrière des barbelés, reçoivent lettres et colis préalablement ouverts en leur présence, travaillent à aménager le camp, bénéficient de soins à l’infirmerie, préparent eux-mêmes leurs repas en cuisine, ont la possibilité de lire et de se distraire (dames, échecs), enfin chantent à table dans le réfectoire (5) avant de prendre leur repas. Ces conditions de détention contrastent avec celles des « camps de concentration allemands » évoquées par le commentaire. Intercalée entre le chant et le repas des prisonniers allemands, une prise d’armes se déroule dans un champ à la lisière d’un bois : un général de corps d’armée remet la Croix de guerre à des tirailleurs.

Fonctionnement d’une Section de repérage par observation terrestre (SROT).
Les différentes étapes du fonctionnement d’une SROT sont précisément rapportées. Après des tirs de canons de 75 mm M1897 sur un poste ennemi, les batteries adverses ripostent : des observateurs relèvent alors la position des lueurs émises par les tirs. Dans une centrale de repérage, les données recueillies sont reportées sur des cartes : l’emplacement de l’objectif ainsi déterminé, les officiers commandant les batteries sont alertés et les tirs de représailles sont assurés par des pièces de 105 mm Court M34S et 155 Long Schneider. Une fois la batterie réduite au silence, comme l’affirme le présentateur, la mission est terminée et les artilleurs se restaurent autour d’une cuisine roulante.

Notes :
(1) Le commentaire situe cette scène dans le massif des Vosges, sans plus de précisions.
(2) Le 30 novembre 1939, après rupture de leurs relations diplomatiques, l’URSS attaque la Finlande qui lui opposera une forte résistance, plus particulièrement à la fin décembre. Suite au pacte de non agression germano-soviétique signé en août 1939 et au protocole secret qui l’accompagne, la Finlande était placée dans la zone d’influence soviétique.
(3) L’homologue de Georges Pernot est le ministre anglais de la guerre économique R.H. Cross : ils visitent plus précisément l’ouvrage du Mont des Welches le 5 décembre 1939. (Source : 39/45 Magazine n°162)
(4) A partir de cette séquence et jusqu’à la fin du film, le commentateur n’est plus Marcel Laporte.
(5) Le chant est intelligible sur la bande sonore.

« Retrouvez ici l’histoire du Journal de guerre ».

Informations sur la vidéo

  • Date de l'évènement : semaine du 23 décembre 1939
  • Évènement : Journal de guerre n°12
  • Référence : J12
  • Copyright : ECPAD
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