Journal de guerre n°15, semaine du 13 janvier 1940.

Les sujets abordés cette semaine :
– l’armée polonaise filmée en France, probablement dans la région d’Angers,
– la visite en France de Samuel Hoare, lord du sceau privé dans le Cabinet britannique,
– un convoi de chenillettes d’infanterie,
– une prise d’armes en présence du général Bourret, commandant la 5e armée,
– la visite de Paul Reynaud, ministre des Finances, dans la zone des armées,
– une usine d’aéronautique,
– des cérémonies pour des militaires de l’armée de l’air, dans la cour du quartier des Petites Écuries à Versailles,
– la visite d’Édouard Daladier, président du Conseil, à bord du torpilleur « Siroco ».

L’armée polonaise en France.
Fin décembre 1939, l’armée polonaise reçoit la visite du président de la République polonaise en exil Wladyslav Raczkiewicz et du général Sikorski, président du Conseil et généralissime des forces polonaises formées en territoire étranger (1). Alors que l’hymne polonais est interprété sur la bande sonore, les autorités passent les troupes en revue, quittent une église entre 2 haies d’honneur puis brisent le pain azyme avec leurs compatriotes. La signature de l’accord entre les présidents du Conseil français et polonais, Edouard Daladier et le général Sikorski, relatif à la création d’une armée polonaise autonome, est annoncée. Un bref défilé clôture les cérémonies.

Visite de Samuel Hoare en France.
Samuel Hoare, lord du sceau privé, rend visite aux troupes franco-britanniques. Après une prise d’armes sur la place enneigée d’un village et une rencontre avec le général Huntziger, commandant la 2e armée, il assiste à un défilé d’automitrailleuses AMD 35 Panhard sur une route enneigée (2) quand le commentaire annonce que l’armée anglaise augmente, suite à une proclamation signée le 2 janvier par le roi George VI, de 2 millions d’hommes.

Convoi de chenillettes d’infanterie.
Dans l’Est du pays, un convoi de chenillettes de ravitaillement d’infanterie Renault 31 R, tractant des canons antichars de 25 mm modèle 1934, progresse sur une route enneigée. Des soldats patrouillent ensuite dans un bois enneigé.

Prise d’armes en présence du général Bourret. (3)
Au cours d’une prise d’armes sur un terrain enneigé, le général Bourret, commandant la 5e armée, décore un soldat. Avec d’autres, ce dernier est parvenu à faire des prisonniers dans un village ennemi, se réjouit le commentaire, qui fait l’éloge des patrouilleurs. La cérémonie s’achève par un défilé des troupes.

Visite de Paul Reynaud dans la zone des armées.
Paul Reynaud, ministre des Finances, effectue une visite dans la zone des armées, en compagnie du général Condé. Il parcourt tout d’abord les rues de Bouzonville évacuée, dont les volets des habitations sont clos et les rideaux des boutiques baissés, avant d’assister à la longue prestation d’une nouba de tirailleurs (4). Il se rend ensuite sur un ouvrage de la ligne Maginot (vraisemblablement dans le secteur fortifié de Boulay), guidé par l’adjudant-chef Joseph Malaplate, du 162e régiment d’infanterie de forteresse (162e RIF), tandis que l’importance de la politique financière, qualifiée de vraie politique de guerre, est soulignée (5).

Usine d’aéronautique.
Témoignage de l’accroissement de la production d’armement initié par Raoul Dautry, ministre de l’Armement, la fabrication d’avions dans une usine est exposée. Adoptant le mode des automobiles en série, ouvriers et ouvrières conçoivent les différentes pièces qui sont ensuite assemblées. Quand les appareils, avions de bombardement LeO 451 et avions de combat Bloch 151, prennent leur forme définitive, leurs trains d’atterrissage ainsi que leurs moteurs sont testés. Tout au long de ce reportage, à plusieurs reprises, l’emploi du travelling latéral souligne la quantité d’appareils produits.

Cérémonies pour des militaires de l’armée de l’Air.
Dans la cour du quartier des Petites Écuries à Versailles, lors d’une prise d’armes, le drapeau de l’Ecole de l’Air est remis à la nouvelle promotion. Un général d’armée aérienne passe en revue les élèves avant d’assister à leur défilé. Dans une allée forestière, un général de corps aérien décore de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre avec 3 palmes un adjudant, pour avoir abattu 3 avions de chasse allemands, dans un temps record précise-t-on.

Visite d’Edouard Daladier à bord du torpilleur “Siroco”.
Edouard Daladier, président du Conseil, effectue une visite de plusieurs bâtiments de la Marine dans un port, en compagnie de l’amiral Darlan et de César Campinchi, ministre de la Marine. Auparavant, les matelots du torpilleur “Siroco” astiquent dans la bonne humeur leur navire qui, avance-t-on, a déjà envoyé par le fond 3 sous-marins allemands.
Parmi les bâtiments (6), les autorités s’attardent à bord du “Siroco” : son commandant présente alors au président du Conseil plusieurs membres d’équipage ayant joué un rôle dans la perte des 3 sous-marins ennemis (7).

Notes :
(1) La localisation de ces cérémonies reste hypothétique. Toutefois, le commentaire évoque la capitale de la Pologne qu’il situe désormais “en France, au coeur de notre Anjou, au bord d’une de nos belles rivières que longe un quai du Roi de Pologne depuis le XVIIe siècle” ; or il existe un quai du Roi de Pologne à Angers. Ces cérémonies pourraient donc se dérouler à proximité de cette ville.
(2) Le général Corap, commandant la 9e armée, assiste également à ce défilé d’automitrailleuses mais reste peu distinguable sur les images.
(3) L’identité du général Bourret n’est pas révélée par le commentaire.
(4) Dans cette séquence, pourtant relativement longue, aucun plan ne montre ensemble la nouba et les autorités, dont Paul Reynaud. La présence du ministre face à cette musique semble donc induite par le montage. La ville de Bouzonville (Moselle) n’est pas mentionnée dans le commentaire d’origine, mais on peut reconnaître certaines maisons et rues caractéristiques, notamment la « rue tranquille », actuellement « rue des résistants ».

(5) informations données en 2014 par M. Pierre Malaplate, fils de Joseph Malaplate, qui a formellement identifié son père et nous en a envoyé des reproductions de photographies et de documents d’époque. L’adjudant-chef Malaplate servait en 1940 et depuis 1935 au 162e RIF. C’est lui qui accompagne M. Paul Reynaud lors de sa visite. Le 162e RIF défendait le secteur fortifié de Boulay en fournissant les garnisons aux ouvrages et casemates de la ligne Maginot dudit secteur.

(6) Il est difficile d’identifier les bâtiments visités avant le « Siroco » ; le commentaire évoque le sous-marin « Poncelet » ainsi que les avisos « Amiral Mouchez » et « Commandant Duboc ».

(7) Fait rare, les quelques mots de présentation du commandant et des membres d’équipage sont intelligibles sur la bande sonore.

Informations sur la vidéo

  • Date de l'évènement : Semaine du 13 janvier 1940.
  • Évènement : Journal de guerre n°15
  • Référence : J15
  • Copyright : ECPAD
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