Journal de guerre n°18, semaine du 3 février 1940.

Les sujets abordés cette semaine :
– le départ et le retour d’une mission photographique aérienne,
– l’hiver 1939-1940,
– une patrouille dans la neige,
– une visite d’Albert Lebrun, président de la République, à la Marine nationale à Brest,
– l’artillerie lourde,
– « Feu et sang sur la Finlande 1939 », sujet rétrospectif sur la bataille de Finlande.

Départ d’une mission photographique aérienne.
Après une cérémonie aux couleurs sur un terrain d’aviation franco-britannique suivie de l’étude de cartes par des officiers français et britanniques, les pilotes se préparent pour une mission photographique : ils revêtent leur combinaison puis rejoignent leurs avions, bombardiers légers Fairey Battle et avion de reconnaissance Potez 63/11. Une fois l’appareil photographique mis en place dans le Potez 63/11, les avions prennent leur envol, le français escorté par les anglais.
Parmi les avions en vol figurent également un avion de combat Hurricane et des bombardiers moyens Bristol Blenheim.
Ce témoignage de la coopération entre les 2 pays est renforcé par un texte commun d’Edouard Daladier, président du Conseil, et Winston Churchill, Premier Lord de l’Amirauté, en surimpression à l’image (1).

Hiver 1939-1940.
Diverses scènes illustrent la dureté de cet hiver 1939-1940. Dans une voiture en marche, une main enlève avec un couteau le givre sur le pare-brise ; des soldats réparent les moteurs de véhicules en panne au bord des routes ou dans une cour ; d’autres déblaient la cour d’une caserne encombrée de neige ou sablent une route. Ailleurs, une sentinelle se réchauffe grâce à un brasero puis contrôle les papiers d’un automobiliste ; un motocycliste circule avec difficulté. Dans une forêt, avec haches et scies, des soldats abattent des arbres, qui, débités, servent à alimenter des feux ; autour d’une cuisine roulante, d’autres prennent leur repas. Des convois muletiers progressent sur des routes, conduits par des soldats, dont certains portent aux pieds des bandes bourrées de paille ou de chiffons les protégeant contre le froid. Outre un hommage appuyé aux hommes mobilisés sur le front, le présentateur rapporte alors un appel du président du Conseil, Edouard Daladier, lancé à la France de l’arrière.
Dans des abris en bois aménagés dans une forêt, des chasseurs vaquent à leurs occupations : consultation de cartes, pause cigarettes, repas, courrier, etc.
Enfin, depuis une tranchée enneigée, les soldats observent le camp adverse, illustration de l’affirmation selon laquelle « la grande peur, dont la volonté de domination nazie secoue l’Europe, s’arrête devant les barbelés et les casemates où veille et combat notre jeunesse ».

Patrouille dans la neige.
Accompagnée de chiens, une patrouille part en mission dans un paysage enneigé. Au-delà des lignes, dans le no man’s land, les mitrailleurs, armés de fusils-mitrailleurs FM modèle 24/29, couvrent la progression des patrouilleurs qui auparavant ont revêtu leur tenue de camouflage blanche (2).
Ailleurs, des soldats fument leur cigarette autour d’une mitrailleuse Hotchkiss 8 mm modèle 1914 sur affût antiaérien.

Mission photographique aérienne. (3)
De retour vers leur base, les 3 avions britanniques Fairey Battle, chargés d’escorter l’appareil français Potez 63/11, croisent une escadrille de bombardiers anglais Blenheim. Figure également à l’image un avion de combat Hurricane.

Visite d’Albert Lebrun à la Marine nationale.
Dans le port de Brest, Albert Lebrun, président de la République, rend visite à la Marine. Accompagné de l’amiral Darlan et de César Campinchi, ministre de la Marine, il se rend tout d’abord à bord du contre-torpilleur « Le Fantasque » puis du cuirassé « Strasbourg » tandis que, rapportant des propos de Winston Churchill, le commentateur dresse un bilan positif de la guerre sur mer. Albert Lebrun participe ensuite à une cérémonie à l’Ecole navale au cours de laquelle il remet les insignes de grand-croix de la Légion d’honneur à l’amiral Jean de Laborde.

Retour de la mission photographique aérienne.
La mission photographique s’achève : les avions Fairey Battle sont de retour, l’appareil photographique est retiré du Potez 63/11, les clichés aériens sont examinés par les officiers français et britanniques qui, visiblement satisfaits, se réunissent ensuite autour d’une coupe de champagne, tandis que retentit l’ouverture de La Pie voleuse de Gioacchino Rossini.

Artillerie lourde.
Dans un paysage enneigé, des servants approvisionnent un obusier de 400 mm de l’Artillerie lourde sur voie ferrée (ALVF) qui fait feu 2 fois, chacune marquée par l’apparition à l’image des verbes, en lettres capitales, « Endurer » puis « Oser ».

« Feu et sang sur la Finlande 1939 ».
Le 30 novembre 1939, la Finlande est attaquée par l’Union Soviétique (4). Alors que le commentateur dresse l’éloge de l’armée finlandaise, accompagné par la Valse triste du compositeur finlandais Jean Sibelius, plusieurs séquences illustrent la préparation de cette armée : mise en place de barbelés, construction d’abris en forêt enneigée, chargement d’une bombe puis décollage d’un avion de combat Henschel Hs 123 ?, progression de soldats à skis en tenue camouflée blanche. Chars capturés et prisonniers de guerre soviétiques témoignent des succès de l’armée finlandaise qui a recours par ailleurs à la politique de la terre brûlée en incendiant les habitations.

Notes :
(1) Voici l’intégralité de ce texte :
Depuis 5 mois nous sommes en guerre contre une des puissances les plus formidables du monde.
Ces mois passés, mois de calme, mois de préparation, ont été un véritable don de la providence, quoiqu’il advienne Hitler a déjà perdu sa meilleure chance. La puissance matérielle de l’Allemagne reste formidable, il serait vain et même criminel de la dissimuler. Il est bien évident que nous devons être préparés à tout. Mais nous avons à gagner la guerre et nous la gagnerons. Edouard Daladier, Winston Churchill.
(2) Constitué d’échanges de coups de feux, le son de cette séquence, en l’absence d’une musique illustrative, produit un effet de réel particulièrement inhabituel.
(3) Comme pour le « Journal de guerre n°8 », cette mission photographique aérienne structure l’ensemble du film, qui débute par son départ et se termine par son retour, sans oublier cette séquence intermédiaire.
(4) Après rupture de leurs relations diplomatiques, l’URSS attaque la Finlande qui lui opposera une forte résistance, plus particulièrement à la fin décembre 1939. Suite au pacte de non agression germano-soviétique signé en août 1939 et au protocole secret qui l’accompagne, la Finlande était placée dans la zone d’influence soviétique. Fait remarquable, le commentaire n’identifie à aucun moment l’agresseur, évoquant seulement « une puissance de 180 millions d’habitants ».

« Retrouvez ici l’histoire du Journal de guerre ».

Informations sur la vidéo

  • Date de l'évènement : Semaine du 3 février 1940.
  • Évènement : Journal de guerre n°18.
  • Référence : J18
  • Copyright : ECPAD
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