Journal de guerre n°19, semaine du 10 février 1940.

Les sujets abordés cette semaine :
– des journalistes sur le front, dans les Alpes,
– le centre de sports d’hiver de l’armée de l’air,
– le groupe de canevas de tir des armées, chargé de l’analyse des photographies aériennes,
– une cartoucherie,
– la guerre maritime,
– une remise de décoration à un capitaine de spahis,
– une visite aux troupes du général Georges, adjoint du général Gamelin et commandant en chef du théâtre d’opérations du Nord-Est,
– « L’As de carreau », journal du front,
– le foyer du soldat,
– des éclaireurs skieurs.

Les journalistes sur le front.
Sur un ton humoristique, le thème de la presse sur le front est décliné à travers plusieurs saynètes.
« L’As de carreau », journal du 42e RIF (Régiment d’infanterie de forteresse) aux armées, est d’abord présenté : dans sa rédaction travaillent côte à côte le rédacteur, un lieutenant, et le censeur, un commandant. Rendant visite aux armées à Chamonix, un groupe de journalistes se livre à une bataille de boules de neige, devant les statues de 2 vainqueurs du Mont-Blanc, Jacques Balmat et Horace Bénédict de Saussure. Après avoir assisté à un match de hockey sur glace puis à la prestation de 2 patineuses (1), les visiteurs se rendent enfin en téléphérique dans un fort, d’où part en randonnée une section d’éclaireurs skieurs.

Centre de sports d’hiver de l’armée de l’air.
Sur une initiative ministérielle, dit-on, les personnels navigants de l’armée de l’air s’adonnent aux sports d’hiver, sous la direction de champions comme le skieur Emile Allais. Leurs évolutions sont montées en parallèle avec celles d’un avion Amiot 354 (décollage, vol, atterrissage). (2)

Groupe de canevas de tir des armées.
L’étude de la photographie aérienne est un élément capital dans l’élaboration de la stratégie militaire. Avant d’être remises pour analyses au groupe de canevas de tir de chaque armée, 3 photographies aériennes sont présentées en banctitre : sur la première est visible la ville de Münster (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) ; sur la seconde, une batterie antiaérienne située à proximité de Lauterecken (Rhénanie-Palatinat) ; sur la troisième, le terrain d’aviation de Limburg (Hesse). En ce qui concerne les cartes portant sur le territoire français, leur tenue à jour est effectuée au moyen de mesures topographiques opérées au théodolite Wild. Le report des données sur un calque permet ensuite le tirage de clichés. Ce travail est alors précieusement détaillé : après l’insolation du calque, placé sur une plaque de zinc, assurée par des lampes à arc, celui-ci est recouvert d’une couche de gélatine ; après refroidissement, la gélatine, devenue cliché reproducteur, est encrée au rouleau ; la reproduction en plusieurs exemplaires s’effectue enfin à l’aide de rotatives.

Une cartoucherie. (3)
Les étapes successives du fonctionnement d’une cartoucherie sont rapportées, depuis la conception de l’étui oblong de la cartouche jusqu’à la vérification automatique mais aussi manuelle de la cartouche terminée. Usant volontiers de termes techniques (flanc, recuit, évent, amorce, etc.), le commentaire assure que la fabrique produit 5 000 cartouches à l’heure.

La guerre maritime.
Quelque part en mer, les bâtiments de guerre français et anglais escortent les navires de commerce alliés et neutres, reprenant ainsi la stratégie adoptée à la fin de la Première Guerre mondiale. Selon le commentaire, cette action aboutit à des résultats « à peine croyables mais rigoureusement exacts », comme le pourcentage du tonnage coulé par les sousmarins ennemis, depuis le début du conflit, qui s’élève à 0,2 %.
Récompensé pour avoir coulé un troisième submersible allemand, le torpilleur « Siroco », en l’occurrence son commandant, reçoit une troisième palme des mains du vice-amiral d’escadre Le Bigot. Ce dernier prononce ensuite un discours avant de décorer des membres de l’équipage.

Remise de décorations à un capitaine de spahis.
« Quelque part en France », signale un commentaire lapidaire (4), en présence du général d’armée Gouraud, un capitaine reçoit la rosette de la Légion d’honneur des mains de son père, le général Tabouis (5). Un défilé des troupes, dont des spahis, clôture la cérémonie.

Visite du général Georges aux troupes.
Ailleurs, quelque part en France, le général Georges, commandant en chef du théâtre d’opérations du Nord-Est, rend visite aux troupes, accompagné du général Giraud et des commandants en chef des secteurs. (6)

« L’As de carreau », journal du front.
Le travail se poursuit dans les locaux du journal régimentaire « L’As de carreau ». Ecrits par le rédacteur et contrôlés par le censeur, les articles sont tapés à la machine. Les feuilles sont ensuite ronéotypées puis agrafées : les exemplaires ainsi constitués sont tamponnés puis distribués aux soldats. Certains sont même envoyés aux archives de la presse hollandaise, à l’attaché militaire de Grande-Bretagne à Paris, à l’ambassade des Etats-Unis à Paris, voire au docteur Goebbels à Berlin!

Le foyer du soldat.
Les soldats se détendent dans un foyer : jeux de cartes, piano, lecture, dégustation de café, rédaction de lettres.

Eclaireurs skieurs. (7)
Tandis que la musique d’ambiance du reportage précédent se prolonge, bientôt relayée par l’ouverture de La Pie voleuse de Gioacchino Rossini, une section d’éclaireurs skieurs progresse de nuit dans un sous-bois, à la lumière de torches.

Notes :
(1) La valse des patineuses est interrompue quand le commentaire, se faisant audacieux, parle d' »évolutions aussi élégantes que suggestives ». Produisant un effet humoristique, le censeur de « L’As de carreau » apparaît alors, une paire de ciseaux en mains.
(2) Le commentaire indique que l’équipage de cet avion revient d’une mission photographique, transition toute trouvée vers le reportage suivant. L’ensemble de ce J bénéficie de transitions de ce type, sonores mais aussi visuelles, comme, plus loin, la similitude entre le mouvement de rotatives (« Groupe de canevas de tir des armées ») et celui des machines d’une fabrique de cartouches (« Une cartoucherie »).
(3) La légende du reportage photographique correspondant, de référence DG 79, situe par hypothèse cette usine à Valence (Drôme).
(4) Un panneau indicateur permet de situer la cérémonie aux environs de Thann (Haut-Rhin).
(5) Cette orthographe, issue de la détection plan par plan de décembre 1959, est à vérifier ; il peut aussi s’agir de d’Abouy.
(6) Alors qu’il s’apprête à donner l’identité d’un de ces commandants en chef, le général…, le commentateur et le reportage sont brutalement interrompus par la paire de ciseaux du bureau de censure !
(7) En guise de transition avec le reportage précédent, les images nocturnes d’un avion Amiot 354 à l’arrêt et de navires croisant en mer rappellent 2 séquences de ce Journal de guerre, « Centre de sports d’hiver de l’armée de l’air » et « La guerre maritime ».
ATTENTION : Absence de son de 00:12:27:05 à 00:17:01:11

« Retrouvez ici l’histoire du Journal de guerre ».

Informations sur la vidéo

  • Date de l'évènement : Semaine du 10 février 1940.
  • Référence : J19
  • Copyright : ECPAD
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