Journal de guerre n°20, semaine du 17 février 1940.

Les sujets abordés cette semaine :
– une visite d’Albert Lebrun, président de la République, au Corps expéditionnaire britannique,
– un cantonnement de tirailleurs marocains dans les Vosges,
– l’activité du génie dans les Alpes,
– dans un village désert,
– une cérémonie religieuse,
– sur la ligne de front.

Visite d’Albert Lebrun au Corps expéditionnaire britannique.
Après la visite de George VI aux troupes françaises (1), Albert Lebrun, président de la République, se rend auprès du Corps expéditionnaire britannique, ou British expeditionary force (BEF). Accompagné d’officiers français et anglais, il commence par passer les troupes en revue avant de s’entretenir avec le général Gort, commandant en chef de la BEF, sur le perron d’une bâtisse. Les personnalités se déplacent ensuite sur une batterie de DCA (Défense contre avions), constituée entre autres d’un télémètre, puis Albert Lebrun part en voiture, sous les ovations des soldats britanniques. La solidarité franco-britannique est particulièrement exaltée par le commentaire qui, tout au long du reportage, martèle le slogan « Nous sommes d’accord ! ».

Dans un cantonnement de tirailleurs marocains.
Des tirailleurs marocains ont établi leur cantonnement dans un village vosgien enneigé. Après avoir abreuvé leurs chevaux, ils se rassemblent pour un méchoui, en plein air autour d’un feu. Puis, certains effectuent des descentes en luge avec les écoliers du village tandis que d’autres improvisent un match de football. La mission civilisatrice de la France à l’égard de ces « fils d’une race guerrière » est grossièrement soulignée (« [La France] n’asservit pas mais elle éduque »).
Après la détente, un bataillon de tirailleurs marocains, préalablement rassemblé sur la place de la commune, quitte le cantonnement à pied. Il emprunte ensuite un train qui transporte également divers matériels (chenillettes de ravitaillement Renault 31 R, mitrailleuses Hotchkiss 8 mm modèle 1914) ainsi qu’une cuisine roulante encore fumante.

Activité du génie en montagne.
En haute montagne, probablement dans les Alpes, les routes sont déblayées grâce à l’action conjuguée de chasse-neige et des soldats du génie. Pour protéger les virages des coulées de neige, des tunnels en bois, baptisés « Roche Noire » ou « Roche Fournière », ont été construits. Un hommage appuyé est rendu aux soldats « qui mènent ce labeur incessant, silencieux et sans gloire ».

Tirailleurs marocains.
Le bataillon de tirailleurs marocains poursuit sa progression à pied vers la ligne de front, tandis qu’une autre unité rejoint son cantonnement désormais abandonné.

Dans un village désert.
Un village enneigé, désert et silencieux, est doté de différents moyens de protection contre toute incursion ennemie : filet de camouflage dressé entre 2 poteaux télégraphiques, clochette suspendue à un fil tendu en travers d’une rue, barbelés placés devant les portes de certaines habitations.

Cérémonie religieuse.
Dans une chapelle, un choeur de religieuses et de soldats interprètent un chant en latin. Un montage parallèle d’images de la cérémonie – choeur et soldats en prière – et d’images de soldats progressant sur une route enneigée illustre de façon didactique la portée de cette messe, qui s’adresse également à l’ensemble des soldats mobilisés sur le front.

Sur la ligne de front.
Des guetteurs tiennent en joue l’ennemi, dissimulé dans des paysages enneigés : un hameau au fond d’une vallée, une gare ferroviaire. La bande sonore comporte des échanges de salves. C’est, assure-t-on, « cette attente tenace, disciplinée, les nerfs tendus, qui dure nuit et jour depuis 6 mois, (…) qui arrête toute velléité ennemie ».
Ailleurs, 3 soldats utilisent un appareil de transmission de campagne : 2 d’entre eux prennent des notes, le troisième actionne une dynamo. Quand un ordre arrive, il est transmis aux batteries par un agent de liaison.
Les artilleurs servent alors un canon de 75 mm M1897 tandis que, en un montage parallèle, des soldats se préparent pour une patrouille ; comparés à des preux et à des chevaliers (2), que le commentaire oppose aux agents secrets d’Hitler, ils revêtent leur peaux de moutons et remplissent longuement chacun leur tour leur musette de grenades. S’introduisant dans le no man’s land, les patrouilleurs rampent avec précaution sous un réseau de barbelés. Répétant l’expression « La patrouille avance », le présentateur, dans un chuchotement, insiste sur le danger encouru, renforcé par les tirs intelligibles sur la bande sonore.

Notes :
(1) Le Journal de guerre n°11 est intégralement consacré à cette visite du souverain britannique en France.
(2) Cette notion de chevalerie est également induite par l’apparence de ces patrouilleurs « casqués d’acier, cuirassés de peaux de moutons » qui rappelle celle des chevaliers du Moyen-Age.

« Retrouvez ici l’histoire du Journal de guerre ».

Informations sur la vidéo

  • Date de l'évènement : Semaine du 17 février 1940.
  • Référence : J20
  • Copyright : ECPAD
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