Journal de guerre n°21, semaine du 24 février 1940.

Les sujets abordés cette semaine :
– sur les rives du Rhin,
– les mensonges des actualités allemandes,
– la construction d’un blockhaus de la ligne Maginot, probablement sur les bords du Rhin,
– des approvisionnements divers de la ligne Maginot,
– une pièce d’artillerie de 155 mm GPF (Grande puissance Fillioux),
– une alerte sur un chalutier,
– un défilé, probablement à Beyrouth ou Tripoli (Liban), en présence du général Weygand, commandant en chef du théâtre d’opérations de la Méditerranée orientale,
– une remise de décorations par le général Georges, adjoint du général Gamelin et commandant en chef du théâtre d’opérations du Nord-Est.

Sur les rives du Rhin.
Les guetteurs français montent la garde sur les rives du Rhin. Traces témoignant des tirs de casemates provenant de la rive ennemie, impacts de balles et fenêtres brisées sont consciencieusement filmés. Le commentaire insiste particulièrement sur la veille et l’attente – « ce guet ingrat » – devant un paysage vide. Enfin, sur la berge française est érigé un mannequin pendu, le bras tendu, représentant Adolf Hitler, réponse au parapluie suspendu à un mât sur la rive allemande dans un geste ironique à l’égard de Neville Chamberlain, Premier ministre britannique (1).

Les mensonges des actualités allemandes.
Cette séquence vise à démonter les mensonges des actualités filmées allemandes. Alors que les images montrent des combats très réalistes menés par l’armée allemande (assauts, tirs d’artillerie, explosions, etc.), le commentateur énumère de multiples invraisemblances : avions français datant de 1925, trous d’obus en fait creusés à la pelle, alternance incohérente entre images prises en hiver et images filmées en été. Ponctuée par la répétition du mot « Mensonges ! », cette démonstration se poursuit, toujours aussi virulente, en utilisant l’arrêt sur image et le ralenti. D’autres trucages sont alors décelés : explosions causées par de simples pétards enterrés; chars allemands présentés comme des chars français, fumigènes simulant des fumées, etc. En conclusion, le montage oppose à ces « batailles filmées » l’action moins spectaculaire des guetteurs du Rhin, évoquée dans le reportage précédent.

Construction d’un blockhaus. (2)
A proximité d’un fleuve (le Rhin ?), des soldats s’activent sur le chantier de construction d’un blockhaus de la ligne Maginot. Certains creusent une tranchée tandis que d’autres alimentent une bétonnière avant de couler du béton, transporté dans des wagonnets, sur les armatures en fer du fort.

Approvisionnements divers de la ligne Maginot.
Par camions, par train, de mains en mains, de multiples caisses d’obus sont acheminées dans les ouvrages fortifiés de la ligne Maginot alors que d’autres sont amassées près de batteries dans un sous-bois. La ligne de défense, dont l’intérieur d’une tourelle est filmé pendant qu’elle pivote, est ainsi considérée comme le « rempart de béton, d’acier et de patience qui marque la frontière de la liberté humaine ».
Outre les munitions, les galeries souterraines de la ligne sont approvisionnées en denrées alimentaires : sacs de farine, boules de pain, bidons de lait, quartiers de viande. Dans une ville frontière (3), les étals du marché sont également bien pourvus, en volailles, charcuterie, légumes, fromages et beurre.

Pièce d’artillerie de 155 mm GPF.
A la lisière d’un bois, les artilleurs servent un canon de 155 mm GPF (Grande puissance Fillioux) puis procèdent à des tirs.

Alerte sur un chalutier.
Afin d’illustrer l’efficacité du blocus maritime infligé à l’Allemagne qui, dit-on, a perdu cette semaine 5 sous-marins, une alerte est reconstituée à bord d’un chalutier. Quand l’officier marinier – un lieutenant de vaisseau – donne l’alerte, que la cloche retentit, les marins abandonnent leurs occupations (partie de cartes, lecture) pour gagner leur poste de combat.
Ainsi, à l’arrière du bateau, des grenades anti-sous-marines sont larguées à l’aide d’un lance-grenade et explosent au loin, dans son sillage.

Défilé en présence du général Weygand.
Dans une ville proche-orientale (4), le général Weygand, commandant en chef du théâtre d’opérations de Méditerranée orientale, assiste à un défilé, en présence d’une foule nombreuse. Après son arrivée en voiture officielle – une Lincoln Zéphyr -, le général salue le drapeau, passe les troupes en revue puis assiste à un imposant défilé : tirailleurs algériens et marocains, chenillettes de ravitaillement Renault 31 R tractant des canons antichars de 25 mm modèle 1934, canons de 155 mm court modèle 1915 hippotractés, spahis (5).

Remise de décorations par le général Georges.
Sur la place d’un village sur lequel la neige tombe, le général Georges, commandant en chef du théâtre d’opérations du Nord-Est, procède à une remise de décorations. Tout d’abord, il fait le général Requin, commandant la 4e armée, grand officier de la Légion d’honneur. Il remet ensuite la Croix de guerre au fils d’un capitaine tué lors d’une patrouille, en présence de sa mère endeuillée (6) ; à ses côtés se tient Joseph Darnand, chef d’un Corps Franc du 24e BCA (7). Le commentaire se conclut par des propos patriotiques exaltant plus particulièrement l’histoire de France (« Nous sommes la nation qui compte sur ses drapeaux le plus de batailles et c’est chez nous que les enfants des écoles ont le plus de dates historiques à apprendre »).

Notes :
(1) La politique dite du parapluie qualifie l’attitude d’apaisement de Neville Chamberlain vis-à-vis de l’Allemagne.
(2) A partir de ce reportage, l’affirmation « Nous répondons [à Adolf Hitler, à l’Allemagne] ! » revient régulièrement dans ce Journal de guerre, assurant notamment la transition entre 2 séquences.
(3) La légende du reportage photographique correspondant, de référence 2ARMEE 57, situe ce marché à Sedan.
(4) La détection plan par plan de ce J 21 situe ce défilé à Beyrouth tandis que la légende du reportage photographique correspondant, de référence DG 6, indique Tripoli (Liban).
(5) La légende du reportage photographique apporte des précisions sur les troupes participant à ce défilé, qui appartiennent à la 86e DI (Division d’infanterie). Sont ainsi présentés successivement les chenillettes du 2e RZ (Régiment de zouaves), les attelages du 86e RAA (Régiment d’artillerie algérien) ou du 286e RAA et un escadron à cheval du 86e GRDI (Groupe de reconnaissance de division d’infanterie) constitué par des spahis du 8e RSA (Régiment de spahis algériens) de Fez.
(6) La légende du reportage photographique correspondant, de référence 4ARMEE 29, indique qu’il s’agit du fils du lieutenant Agnely, et non du capitaine comme le signale le commentaire, du 24e BCA (Bataillon de chasseurs alpins).
(7) Futur chef de la Milice en 1943, Joseph Darnand, dont l’identité n’est pas indiquée par le commentateur, reçoit lors de cette cérémonie la Légion d’honneur et la Croix de guerre.

« Retrouvez ici l’histoire du Journal de guerre ».

Informations sur la vidéo

  • Date de l'évènement : Semaine du 24 février 1940.
  • Évènement : Journal de guerre n°21
  • Référence : J21
  • Copyright : ECPAD
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