Journal de guerre n°23, semaine du 10 mars 1940.

Les sujets abordés cette semaine :
– l’hiver 1940,
– un atelier de réparation de campagne,
– un concours de bricolage,
– une tournée d’inspection du général Requin, commandant la 4e armée,
– un chargement de bois dans un wagon,
– un poste de garde insolite,
– une distribution de repas,
– à Nancy, la première Section sanitaire de volontaires américains,
– une remise de véhicules à une unité du Train,
– une visite d’Albert Lebrun, président de la République, dans une usine d’aéronautique,
– des patrouilleurs et des guetteurs sur la frontière franco-allemande.

Hiver 1940.
Une voiture empruntant une route inondée bordée de neige puis la progression d’un convoi hippomobile alors que tombe la neige témoignent de la rigueur du climat en ce mois de février 1940.

Atelier de réparation de campagne.
Dans un atelier de réparation de campagne, apte, dit-on, à s’installer dans un temps record au service des réparations d’urgence et des plus importantes, les soldats s’affairent autour d’une pièce d’artillerie : un canon de 105 mm est ôté de son affût. Quand le montage se consacre aux différentes actions de l’atelier (souder, scier, percer, raboter), le commentaire évoque la « drôle de guerre », « guerre d’usure morale où l’ennemi croit peut-être pouvoir s’en remettre à l’inertie, au doute et au découragement, du soin de ruiner notre énergie, de nous épuiser sans combats ».

Concours de bricolage.
En réplique à cette « guerre d’usure morale », un concours de bricolage est organisé par une armée. Les travaux des bricoleurs, qualifiés entre autres d’inlassables et intelligents ennemis du temps perdu, sont exposés dans une salle ; parmi eux figurent des cannes façonnées dans des rondins d’abris, un distributeur de cigarettes ainsi que des maquettes d’avions, d’une chenillette dédiée au général Gort, commandant en chef de la BEF (British expeditionary force), d’un blockhaus dédié au général Georges, commandant en chef du théâtre d’opérations du Nord-Est, et d’une maison alsacienne.

Tournée d’inspection du général Requin.
Le général Requin (1), commandant la 4e armée, effectue une tournée d’inspection aux avant-postes, en terre allemande, précise-t-on. Il converse tout d’abord avec des officiers au bord d’un pont détruit puis, toujours en leur compagnie, franchit une barrière de douane et se rend auprès de tranchées.

Chargement de bois dans un wagon.
Dans un paysage enneigé, des soldats chargent des rondins de bois, 35 000 mètres cubes souligne-t-on, dans des wagons.
Situé dans une cuvette au-delà des avant-postes, ce chantier est placé sous la protection de patrouilles.

Poste de garde insolite.
Au bord d’une route, un factionnaire a installé son poste de garde dans une vieille calèche ornée de multiples inscriptions fantaisistes comme « Messager du Haut-Rhin », « En rodage », « Mulhouse-Colmar », « La nouvelle Rosalie ». Il quitte son poste pour contrôler les papiers d’une voiture Peugeot 202.

Distribution de repas.
Tandis que le commentaire s’enflamme sur les vertus de La Madelon (2), dont seule la musique est audible, le thème de la distribution de repas est décliné dans plusieurs armées alliées : Français, Britanniques et Polonais, dont le général Sikorski, président du Conseil et généralissime des forces polonaises formées en territoire étranger, perçoivent leur ration puis la dégustent.

Première Section sanitaire de volontaires américains.
Sur la place d’une ville (3), une prise d’armes célèbre l’arrivée en France de la première Section sanitaire de volontaires américains (SSVA) portant le nom « General John J.Pershing », qui commanda le Corps expéditionnaire américain en 1917.
Après le lever des couleurs américaines et françaises, accompagné successivement par les hymnes respectifs des 2 nations, 2 officiers prononcent une allocution : le premier, français, rend hommage à l’aide sanitaire et militaire des Etats-Unis pendant la Première Guerre mondiale ; le second, américain, outre une exaltation de l’amitié francoaméricaine, indique que les conducteurs des ambulances sont de jeunes universitaires ayant abandonné leurs études. La cérémonie se termine par un bref défilé. Les 20 véhicules camouflés, de marque Chevrolet, circulent ensuite sur des routes en file indienne avant de traverser un village.

Remise de véhicules à une unité du Train.
Lors d’une cérémonie, une unité du Train des équipages prend possession de nouveaux véhicules qui défilent tout à tour : camionnettes bâchées camouflées Citroën type 23, camions bâchés camouflés Citroën type 45 et camions Renault AGK TTN (Transport de toute nature).

Visite d’Albert Lebrun dans une usine d’aéronautique.
Albert Lebrun, président de la République, visite une usine d’aéronautique en pleine activité, en compagnie de Guy La Chambre, ministre de l’Air. Auparavant, des avions de bombardement LeO 451 sont filmés sur un terrain d’aviation ainsi qu’une chaîne de montage (4). La main-d’oeuvre féminine dans l’industrie d’armement est particulièrement mise en valeur, tant par les images que par le commentaire qui évoque des « ouvrières admirables qui par leur intelligence, leur habileté, leur conscience professionnelle, comptent déjà parmi les vrais, parmi les meilleurs collaborateurs de la défense nationale ».

Patrouilleurs et guetteurs. (5)
Armés entre autres de mousquetons modèle 1892 et de fusils-mitrailleurs FM modèle 24/29, patrouilleurs et guetteurs progressent afin de prendre position dans des forêts enneigées, en avant des avant-postes. Prudemment, un groupe se poste au bord de la Lauter, rivière frontalière avec l’Allemagne, tenant en joue une grande maison blanche sur l’autre rive dans laquelle, dit-on, l’ennemi est embusqué. Le soir, parfois dans la brume, les patrouilleurs redescendent tandis que, citant Paul Reynaud, futur président du Conseil (6), le commentaire se fait patriotique.

Notes :
(1) Le commentaire tait le nom du général Requin, évoquant simplement « un général d’armée »…
(2) Chanson à boire, La Madelon fut très populaire parmi les Poilus.
(3) Les légendes des reportages photographiques correspondants, de références 4ARMEE 33 et DG 40, situent cette cérémonie à Nancy.
(4) Fait notable, cette chaîne de montage est filmée en un long travelling latéral, d’une durée d’environ 30 secondes.
(5) La transition avec le reportage précédent est progressive : 2 plans d’ouvrières au travail sont ainsi insérés dans la progression des patrouilleurs.
(6) Le 22 mars 1940, succédant à Edouard Daladier, Paul Reynaud est investi par 268 oui, 156 non mais 111 députés s’abstiennent.

« Retrouvez ici l’histoire du Journal de guerre ».

Informations sur la vidéo

  • Date de l'évènement : Semaine du 10 mars 1940.
  • Évènement : Journal de guerre n°23
  • Référence : J 23
  • Copyright : ECPAD
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