Journal de guerre n°34, semaine du 23 mai 1940.

Les sujets abordés cette semaine :
– le 20 mai 1940,
– l’exode des réfugiés et les destructions ennemies en Belgique et en France,
– des prisonniers allemands rassemblés à Moorslede (Belgique) et des avions ennemis abattus,
– le Corps expéditionnaire français pour la Norvège,
– l’entraînement au tir de pilotes de chasse dans la région de Cazaux (Gironde),
– la visite de Dorothy Thompson, épouse du romancier américain Sinclair Lewis, sur la ligne Maginot,
– 2 nominations : le général Weygand et le maréchal Pétain.

20 mai 1940.
20 mai 1940, le commentaire indique que le front n’est pas encore entièrement embrasé par la bataille : l’appareil muni du téléobjectif d’un photographe fixe les positions allemandes ; un tir d’artillerie de 155 mm GPF (Grande puissance Fillioux) empêche l’extension de l’attaque.

Exode des réfugiés, destructions ennemies.
En Belgique et en France, les populations, essentiellement les femmes, les enfants et les personnes âgées, fuient devant les bombardements allemands, au rythme des alertes signalées par les sirènes. Les villes évacuées sont la proie d’incendies spectaculaires qui touchent notamment les églises dont l’une perd son clocher ; la caméra s’attarde également sur une maternité en ruine (1). 2 enfants sont victimes de bombardements dans la même journée : décédé alors qu’il jouait dans un village d’Alsace, le premier est veillé par ses proches et enterré dans le cimetière communal ; le second, le pied brisé, est soigné dans une chambre d’hôpital.

Prisonniers allemands, avions ennemis abattus.
Des prisonniers de guerre allemands sont rassemblés à Moorslede (Belgique) ; l’un d’entre eux est interrogé. Tandis que le commentaire, citant le communiqué n°522 du 21 mai au soir, annonce que l’aviation et la DCA (Défense contre avions) françaises ont abattu 303 appareils ennemis entre les 10 et 19 mai, plusieurs épaves d’avions ennemis sont filmées : parmi elles, seules sont reconnaissables celles d’avions de bombardement Heinkel He 111. La participation de l’aviation britannique n’est pas oubliée par le présentateur qui insiste sur la « rage de destruction, d’extermination » allemande qui prend pour cible les réfugiés.

Corps expéditionnaire pour la Norvège.
Dans le cadre de la campagne de Norvège, le Corps expéditionnaire français, escorté de bâtiments français et britanniques, vogue à destination de la Scandinavie (2). A proximité des côtes norvégiennes, le convoi est attaqué par l’aviation allemande. La riposte alliée est immédiate : les batteries antiaériennes, constituées entre autres de mitrailleuses de 13,2 mm en version quadruple, se mettent en action et les avions de chasse décollent depuis les ponts des porte-avions. L’alerte terminée, les troupes s’apprêtent à débarquer dans le fjord enneigé de Narvik tandis que le commentaire relate les opérations du 22 mai : occupation de la côte méridionale du fjord par les unités polonaises, bombardement britannique sur les positions allemandes longeant la frontière suédoise et sur un aérodrome près de Trondheim.

Entraînement au tir de pilotes de chasse.
Des pilotes de chasse s’entraînent dans une école de tir située aux abords d’un littoral (3). Après avoir reçu les instructions délivrées par le chef de patrouille, ils s’envolent à bord de leurs appareils Romano et se forment en escadrille. Les tirs s’effectuent sur un panneau cible remorqué par un avion Bloch 200 et préalablement fixé le long de son fuselage. A l’issue, les instructeurs relèvent sur la cible les performances des pilotes, les balles de chacun d’entre eux étant revêtues d’une couleur différente.
Ces jeunes pilotes rejoindront bientôt une escadrille de chasse, comme celle qui est ensuite présentée : équipée de Curtiss H75, elle a abattu, assure le commentaire, 39 avions ennemis en 3 jours. Ses pilotes exposent à la caméra leurs trophées, débris d’appareils dont l’un est marqué de la Croix gammée ; l’un d’entre eux, un capitaine, montre du doigt les impacts de balles sur son Curtiss n°151. (4) Sur un terrain d’aviation, André Laurent-Eynac, ministre de l’Air, félicite les pilotes vainqueurs.

Visite de Dorothy Thompson sur la ligne Maginot.
Dorothy Thompson, épouse du romancier américain Sinclair Lewis, se rend sur la ligne Maginot, guidée par plusieurs officiers (5). Elle se livre à un vibrant éloge de la Suisse, « exemple vivant de ce qui s’oppose à tout ce que représente l’Allemagne nazie », destiné à l’opinion américaine.

2 nominations : le général Weygand et le maréchal Pétain.
2 nominations sont annoncées : le général Weygand, auparavant commandant en chef du théâtre d’opérations de Méditerranée orientale, est nommé le 19 mai chef d’état-major de la Défense nationale et commandant en chef de tous les théâtres d’opérations ; le maréchal Pétain, auparavant ambassadeur de France à Madrid, est nommé le 18 mai viceprésident du Conseil comme ministre d’Etat. Alors que le commentateur égrène ces informations, le général Weygand quitte sa résidence de Beyrouth, gardée par des unités Tcherkesses, pour se rendre en voiture officielle, une Lincoln Zéphyr, à son poste de commandement. Un montage montrant alternativement le maréchal Pétain, « le vainqueur de Verdun », et le général Weygand, « l’homme de Foch », conclut ce Journal de guerre tandis que retentit La Marseillaise.

Notes :
(1) On relèvera un travelling avant sur une rue bordée de maisons détruites d’une durée d’environ 25 secondes.
(2) Les unités constituant le Corps expéditionnaire français sont entre autres les 5e et 27e demi-brigades de chasseurs alpins avec, en renfort, la 13e DBLE (Demi-brigade de Légion étrangère) commandée par le lieutenant-colonel Magrin-Vernerey ; l’ensemble prend alors la dénomination de 1re Division légère de chasseurs (DLC) commandée par le général Béthouart, sous l’autorité du hautcommandement britannique. Par ailleurs, ces images seront reprises dans le film « Narvik, première opération de débarquement », de référence SCA 17.
(3) La détection plan par plan datée d’octobre 1959 situe cette séquence dans la région de Cazaux (Gironde).
(4) Le numéro d’un Curtiss (n°151) permet de préciser l’identité de ce Groupe de chasse, tue par le commentaire : il s’agit du GC I/5 stationné à Suippes (Marne) puis à Saint-Dizier (Haute-Marne) à partir du 14 mai 1940. Quant au pilote filmé dans son appareil portant le numéro 151, il s’agit du capitaine Accart, commandant la 1re escadrille du groupe. (Source : « Ils étaient là… L’armée de l’Air septembre 39 – juin 40 » de Jacqueline et Paul Martin)
(5) Dorothy Thomson se rend précisément sur l’ouvrage du Hochwald (Alsace). (Source : 39/ Magazine n°162)

« Retrouvez ici l’histoire du Journal de guerre ».

Informations sur la vidéo

  • Date de l'évènement : Semaine du 23 mai 1940.
  • Évènement : Journal de guerre n°34
  • Référence : J 34
  • Copyright : ECPAD
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