Journal de guerre n°35, semaine du 30 mai 1940

Les sujets abordés cette semaine :
– des destructions ennemies en Belgique et en France, l’exode et l’accueil des réfugiés de Thionville (Moselle),
– des prisonniers de guerre allemands,
– une remise de décorations dans la commune de Chavannatte (Territoire de Belfort),
– l’aviation de chasse,
– le 28 et le 29 mai à Paris.

Destructions ennemies, exode et accueil des réfugiés.
Au 20 mai 1940, la guerre, « à la manière allemande » indique le commentaire à plusieurs reprises, redouble d’acharnement en Belgique et en France. Ferme en flammes, bâtiments et train de la Croix-Rouge endommagés, villes dévastées, mère gisant avec son enfant sur un brancard témoignent de la violence des bombardements tandis que le présentateur se déchaîne contre l’armée allemande. Face à la menace, les évacuations par train de plusieurs villes sont décidées par le seul ordre du commandement. Elles concernent plus particulièrement les femmes, les enfants et les personnes âgées. (1)
Le 18 mai, de jeunes Belges franchissent à bicyclette la frontière franco-belge afin de se mettre à disposition de l’autorité militaire française.
Après avoir longtemps marché le long des routes, les réfugiés sont accueillis dans des centres spéciaux, notamment à Paris : leurs pieds sont soignés ; militaires et religieuses distribuent boissons et produits alimentaires ainsi que des jouets pour les enfants ; les nourrissons sont pris en charge dans une pouponnière tandis que les enfants sont lavés, habillés, soignés puis nourris.

Prisonniers de guerre allemands.
Dans un camp de prisonniers, des soldats allemands, aviateurs pour la plupart, enfilent leur veste sur laquelle ont été peintes en blanc les lettres P et G avant de marcher en colonne derrière des barbelés et sous la surveillance d’un soldat posté derrière un fusil-mitrailleur FM modèle 24/29. S’appuyant sur les communiqués du haut commandement, le commentaire relève les « pertes extraordinairement élevées » de l’aviation ennemie et dénonce la perfidie de la Luftwaffe (« Avions à sirènes, torpilles à sifflets visent à créer la panique par une tempête de bruits effarants »). La population vaque à ses occupations dans une ville endommagée par les bombardements : les enfants se rassemblent, un tramway circule dans la rue, etc…

Remise de décorations.
Dans le village de Chavannatte, MM. Emile Fave et Arsène Billey, cultivateurs, sont décorés par un général de brigade pour avoir, le 10 mai, désarmé 2 aviateurs allemands, dont l’appareil venait de s’écraser, et saisi leurs documents de bord. Un bref défilé des troupes, musique en tête, clôture la cérémonie. Les deux cultivateurs ont capturé l’équipage d’un avion Heinkel 111 abattu par une patrouille du GC II/7 de Luxeuil. Dans une ferme du Nord-Est, un jeune garçon âgé de 16 ans est félicité pour avoir fait prisonnier, le 16 mai, les 4 occupants d’un avion de bombardement Dornier abattu, à l’aide d’un fusil de chasse et d’une seule cartouche.

Aviation de chasse.
Alors que le commentaire se livre à un éloge dithyrambique de l’aviation de chasse de 1940, qui surclasse même celle de la Première Guerre mondiale, les avions de combat Morane Saulnier MS-406 d’un groupe de chasse prennent leur envol et procèdent à des tirs : au sol gisent les carcasses d’avions de bombardement allemands. La mission terminée, les appareils atterrissent sur le terrain herbeux.
Pendant que son ordre du jour du 27 mai est énoncé sur la bande sonore, le général Vuillemin, chef d’état-major général de l’armée de l’air, passe en revue une formation d’aviateurs sur un terrain d’aviation.

28 mai.
Le 28 mai, Paul Reynaud, président du Conseil, annonce au pays la capitulation du roi de Belgique Léopold III. Tandis qu’un commentaire prolixe dénonce cette décision, qualifiée d’ignominieuse et contestée par le gouvernement belge, un montage condense divers mouvements de troupes et de matériels, français et britanniques : fantassins et cavaliers sur les routes, side-cars, chenillettes de ravitaillement d’infanterie dans un sous-bois, camions, semi-chenillés, chars, etc.
Le 28 mai au matin à Paris, Place de la Concorde, des ministres belges, parmi lesquels figurent Hubert Pierlot, président du Conseil, et Paul-Henri Spaak, ministre des Affaires étrangères, déposent une couronne sur le socle de la statue d’Albert Ier, roi de Belgique (1909-1934). Le 29 mai, les parlementaires belges fleurissent à leur tour la tombe du Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe. Alors que retentit la 3e symphonie de Ludwig van Beethoven, le présentateur rapporte les propos patriotiques de la proclamation de M. Pierlot adressée à ses compatriotes.

Note :
(1) La légende du reportage photographique correspondant, de référence 3ARMEE 60, apporte une information complémentaire : l’évacuation est celle de la population de Thionville (Moselle).

« Retrouvez ici l’histoire du Journal de guerre ».

Informations sur la vidéo

  • Date de l'évènement : Semaine du 30 mai 1940.
  • Évènement : Journal de guerre n°35
  • Référence : J 35
  • Copyright : ECPAD
partager cet article

Partager
cet article

Facebooktwittergoogle_plusmail
articles associés

Articles
associés

Conditions d'utilisation:

Les photos d'actualité proposées sont libres de droit pour un usage exclusif à des fins d'information, et tant qu'elles sont accessibles en ligne sur ce site Internet pour une durée de 30 jours à compter de la date de publication de l'article associé.

Pour tout autre usage, contact devra être pris auprès du pôle commercial de l'ECPAD (+33 1.49.60.52.07). Les photos d'actualité sont téléchargeables à l'unité ou en totalité par reportage en cliquant sur l'onglet « Télécharger tout le reportage ».