Journal de guerre n°7, semaine du 11 novembre 1939.

Les sujets abordés cette semaine :
– les cérémonies du 11 novembre 1939, au cimetière américain de Montfaucon dans la Meuse en particulier,
– la présentation de l’escadrille « La Fayette » 1939,
– le baptême d’une ambulance à Givet (Ardennes),
– le théâtre aux armées en Moselle,
– l’éloge des généraux de l’armée française,
– la coopération franco-britannique,
– la présence du général Gamelin, commandant en chef de l’armée française et des forces alliées, sur les lignes,
– une remise de décorations à Brumath (Bas-Rhin) par le général Bourret, commandant la 5e armée.

Cérémonies du 11 novembre 1939.
Trois cérémonies commémorent le 11 novembre 1918, date anniversaire de l’Armistice mais aussi, ajoute-ton, du rattachement à la France de l’Alsace-Lorraine et de l’indépendance de la Pologne.
Lors de la première, les généraux de La Porte du Theil et Giraud saluent les tombes de soldats, dans un cimetière militaire. Des sous-officiers puis une fanfare, qui ne joue pas, font ensuite de même (1).
La deuxième cérémonie célèbre l’entrée en France des plénipotentiaires allemands, le 7 novembre 1918 (2). Après le salut au monument commémoratif, les cavaliers défilent, sabre au clair.
Au cimetière américain de Montfaucon (Meuse), la troisième cérémonie, plus longuement traitée, rend hommage au « sacrifice des 14 000 soldats américains » pendant la Première Guerre mondiale. Les étapes de la commémoration sont précisément restituées : après l’arrivée du général Huntziger qui se recueille à l’intérieur du mémorial américain, trois aumôniers militaires prononcent tour à tour quelques mots : le rabbin dresse l’éloge des soldats américains, puis le prêtre et le pasteur récitent chacun une prière (3). Après la sonnerie aux morts suivie d’une minute de silence, les drapeaux américains et français sont mis en berne tandis que, sur la bande sonore, la Marseillaise succède à l’hymne américain. Le général Huntziger assiste enfin, en compagnie d’officiers français et américains, à un grand défilé, survolé à plusieurs reprises par une escadrille d’avions de combat Morane Saulnier MS-406. Après les chasseurs à pied et les troupes à cheval, les matériels sont présentés : canons de 75 mm sur pneumatique tirés par des tracteurs semi-chenillés et chars légers modèle 1936 FCM du 7e BCC (Bataillon de chars de combat). Le commentaire conclut en rappelant l’ordre du jour du général Pétain adressé à ses soldats lors de la bataille victorieuse de Verdun en 1916.

Présentation de l’escadrille « La Fayette » 1939.
Autre témoignage de la fraternité d’armes franco-américaine, l’escadrille « La Fayette », formation française qui a repris les traditions de l’escadrille américaine créée en 1916 (le nom, ainsi que l’insigne : une tête de Sioux) entreprend une mission au cours de laquelle, indique-t-on, 9 appareils allemands sur un total de 27 sont abattus (4). Après leur décollage, les 9 avions Curtiss H75 évoluent ensuite longuement dans les airs. La fin du reportage présente des alignements d’appareils américains en cours de finition, vraisemblablement des avions de reconnaissance Hudson, destinés, dit-on, à équiper l’aviation française.

Baptême d’une ambulance à Givet (Ardennes).
A Givet, une ambulance Maginot, offerte à un bataillon par des anciens combattants belges, est baptisée au champagne, alors que, rapporte-t-on, « la Belgique, décidée à défendre jusqu’à la mort son territoire et ses institutions, doit regarder l’avenir avec gravité mais aussi avec résolution et confiance ».

Théâtre aux armées.
De joyeux cyclistes, sur des bicyclettes abandonnées dans les villages allemands, se rendent, si l’on en croit le montage du reportage, à une séance de théâtre aux armées, sur la scène duquel se produisent trois artistes. Joe Bridge commence par esquisser le portrait d’Edouard Daladier, président du Conseil, qu’il qualifie, dans des propos scabreux et patriotiques, de « Taureau du Vaucluse », voire de « premier poilu de France ». Joséphine Baker interprète ensuite « J’ai deux amours », dont le refrain est repris en choeur par l’assistance, puis distribue des cigarettes aux soldats. Enfin, Maurice Chevalier chante « Ça fait d’excellents Français », avant d’être interpellé par un spectateur qui lui lance « Bonjour à Paris ! ».(5)

Eloge des généraux de l’armée française.
Les qualités des généraux français, comme la simplicité, la camaraderie et l’humanité, que le commentaire oppose à la morgue de leurs homologues allemands, sont illustrées par un montage de courtes scènes : le général Bourret décore un tankiste ; le général Requin parle avec des soldats ; un général, peut-être le même général Requin, discute avec un jeune général de brigade autour d’un bureau ; le général Bourret passe devant de jeunes filles massées sur un trottoir ; le général Gamelin offre des cigarettes à trois soldats ; le général Huntziger se tient près d’un commandant médaillé. Les adieux à une division du général Prételat sont ensuite plus précisément relatés : en présence du général Requin et d’un général de corps d’armée, il assiste à un défilé de fantassins et de cavaliers, sabre au clair, puis, après le salut aux drapeaux, passe les troupes en revue.

Coopération franco-britannique.
Quatre sujets illustrent la « journée franco-britannique au bénéfice de ceux qui combattent et de leurs familles » du 11-12 novembre 1939, dont l’affiche ouvre le reportage. Un déjeuner réunit des officiers français et britanniques, dont le duc de Windsor et le général Requin.
Sur mer, la patrouille de Douvres, dont fait partie le torpilleur immatriculé H 30, convoie paquebots et cargos.
De multiples impacts de balles sont visibles sur le fuselage d’un bombardier allemand Heinkel He 111 abattu, tandis que le commentaire met en valeur l’intense activité de l’aviation britannique.
Un déjeuner réunit des officiers français et britanniques, dont l’écrivain André Maurois.

Présence du général Gamelin sur les lignes.
Après avoir rencontré les généraux Bourret puis Requin, le général Gamelin passe devant des tirailleurs marocains avant de décorer un tirailleur du 21e RTA (Régiment de tirailleurs algériens). (6)

Remise de décorations par le général Bourret en Alsace.
Dans un village alsacien (7), lors d’une cérémonie à laquelle se pressent les habitants en tenue traditionnelle, le général Bourret remet la Croix de guerre à plusieurs soldats du 51e RI (Régiment d’infanterie) puis à un jeune Alsacien qui, rapporte-t-on, « empêcha 2 aviateurs allemands de mettre le feu à leur appareil abattu ».

Notes :
(1) La légende du reportage photographique correspondant, de référence 3ARMEE 22, indique qu’il s’agit de tombes de soldats de la 3e armée, situées en Moselle.
(2) La légende du reportage photographique correspondant, de référence 2ARMEE 32, indique comme lieu Haudroy, hameau situé près de La Capelle (Aisne). Par ailleurs, les généraux de corps d’armée Corap, commandant la 9e armée, d’armée Huntziger, commandant la 2e armée, et de brigade Lafontaine, commandant la 55e Division d’infanterie, sont présents lors de cette cérémonie mais peu distinguables sur les images.
(3) Les propos des trois aumôniers sont intelligibles sur la bande son du document.
(4) Ce combat aérien, dont le bilan est conforme aux chiffres du commentaire, s’est précisément déroulé le 6 novembre 1939. Quant au terrain d’aviation d’où décollent les Curtiss, il s’agit probablement de la base de Toul-Croix de Metz, sur laquelle est stationnée l’escadrille du 3 septembre 1939 au 4 mai 1940.
(5) Le reportage photographique correspondant, de référence 3ARMEE 26, indique comme lieu la Moselle.
(6) Même si le montage semble l’induire, la décoration n’est sans doute pas remise au tirailleur par le général Gamelin, mais par un autre général, difficilement identifiable car filmé de trois quarts dos.
(7) Cette cérémonie est en fait située à Brumath (Bas-Rhin).

« Retrouvez ici l’histoire du Journal de guerre ».

Informations sur la vidéo

  • Date de l'évènement : Semaine du 11 novembre 1939
  • Évènement : Journal de guerre n°7
  • Référence : J 7
  • Copyright : ECPAD
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