Journal de guerre n°10 2e partie, semaine du 29 novembre 1939.

Les sujets abordés cette semaine :
Édition spéciale. 22 novembre 1939 – 22 novembre 1918. « Vive l’Alsace ! »

Deux dates sont mises en parallèle, dans le générique mais aussi dans le montage de l’introduction du film. Le 22 novembre 1918 marque l’entrée des troupes françaises dans Strasbourg, évoquée par des images d’archives avec en surimpression, une lettre du maréchal Joffre (1) puis son portrait. « L’Alsace retrouvait, avec l’armée libératrice, sa patrie et son drapeau », précise le commentaire. En septembre 1939, suite à la déclaration de guerre, l’ordre d’évacuation de Strasbourg est donné, illustré par plusieurs séquences.
Après la fermeture des échoppes, comme ici une boutique de souvenirs (poupée en tenue folklorique, cigogne miniature) et le départ des Strasbourgeois munis de leurs bagages, la ville est déserte et silencieuse, seules les cloches sonnent. La façade de la cathédrale ainsi que sa nef et ses vitraux sont protégés, alors que retentit, sur la bande sonore, le Requiem de Gabriel Fauré.
Dans les villages alentour, les objets sacrés des églises, temples et synagogues (bibles, thoras, statues, etc.) quittent les lieux de culte pour être mis en sécurité. De même, à Strasbourg, les livres de la bibliothèque universitaire sont retirés des rayonnages et embarqués dans des camions. Ville et villages sont désormais vides mais surveillés par des patrouilles de gendarmes et de gardes mobiles. La région est ainsi comparée à un « nouveau et émouvant pays de La Belle au bois dormant que notre victoire réveillera et ranimera à son heure dans la joie des bienheureux retours ». Derniers habitants, les animaux domestiques ainsi que les pensionnaires du parc zoologique sont rassemblés dans de grandes propriétés. Entreposés dans le port de Strasbourg, les stocks de charbon, de bois, de blé et d’essence sont également évacués, par voie ferrée.
Dans la campagne alsacienne, les soldats participent aux travaux agricoles : le battage autour d’une moissonneusebatteuse- lieuse dans une grange ; les vendanges qui s’achèvent par un bon repas (2).
Pour la « première classe sous la protection de nos armes », la rentrée s’effectue dans une école partiellement transformée en caserne, école qui fait des coeurs résolus en n’enseignant qu’à aimer la dignité, le respect humain et la vie, ose le commentateur.
Dans les villages évacués, les soldats récupèrent les feuilles de tabac laissées sur place, sous le contrôle de l’administration en complète sauvegarde des intérêts des récoltants, assure-t-on. Ils participent également à la récolte des pommes de terre et des betteraves sucrières – la fabrication du sucre est ainsi évoquée – ainsi qu’au bon fonctionnement des scieries.
Le génie a détruit 3 des 4 ponts enjambant le Rhin. 2 ouvrages en ruine sont présentés alors que retentit l’ouverture effrénée de Guillaume Tell de Gioacchino Rossini. Seul subsiste le pont de Kehl, surveillé par les soldats du 172e RIF (Régiment d’infanterie de forteresse), postés dans leurs fortifications.
Le président de la République Albert Lebrun effectue une visite en Alsace. Sur une route de campagne, accompagné du général Bourret, il passe en revue les chars Renault D2 du 507e RCC (Régiment de chars de combat) commandé par le colonel De Gaulle, également présent. Il rencontre ensuite Charles Frey, maire de Strasbourg, puis salue une religieuse entourée de nombreux enfants (3).
Un régiment de chasseurs à pied, musique en tête, défile dans les rues pavoisées de Turckheim (Haut-Rhin), sous le regard de jeunes filles en tenue traditionnelle, tandis que le commentaire dresse les louanges de l’armée française.
S’ouvrant sur la plaque commémorant le tricentenaire du rattachement de la ville à la France, le 15 septembre 1935, ce reportage s’attarde sur les pittoresques demeures de Colmar, notamment sa maison des Têtes, puis sur les étals fournis du marché et une sortie d’usine. La même sérénité semble régner à Mulhouse où les vitrines des magasins sont bien garnies.
Différentes étapes de la visite sur les lignes du général Gamelin, chef d’état-major général, sont évoquées : rencontre avec le général Bourret, distribution de cigarettes à 3 soldats, brève entrevue avec le général Requin sur une route et revue de tirailleurs marocains en compagnie du général Bourret.
Témoignage de la fraternité d’armes franco-britannique, le lieutenant-général duc de Windsor se rend sur la ligne Maginot alors sous la neige. Il participe à une cérémonie devant une casemate alors que retentit l’hymne anglais.
Tandis que résonne La Marseillaise, le général Vuillemin, chef d’état-major général de l’armée de l’Air, remet les insignes de grand-croix de la Légion d’honneur au général d’Harcourt, inspecteur général de l’aéronautique. Ce dernier est successivement félicité par Edouard Daladier, président du Conseil, Guy La Chambre, ministre de l’Air, et le général Bourret. Les aviateurs d’un groupe de chasse reçoivent quant à eux la Croix de guerre 1939.
Dans un village alsacien (4), lors d’une cérémonie à laquelle se pressent les habitants en tenue traditionnelle, le général Bourret remet la Croix de guerre à plusieurs soldats du 51e RI (Régiment d’infanterie) puis à un jeune Alsacien qui, rapporte-t-on, « a fait montre, lors d’un accident d’aviation dont il fut témoin, d’une initiative, d’un courage digne d’un soldat ». Un défilé clôt la prise d’armes tandis que le commentaire, soutenu par l’hymne national tricolore, se termine par une exaltation de l’Alsace.

Notes :
La plupart des images de ce « Journal de guerre n°10 » sont issues des documents J 4, J 5, J 6, J 7, J 8 et J 9.
(1) Cette lettre se conclut par ces mots : « Je suis la France. Vous êtes l’Alsace. Je vous apporte le baiser de la France ».
(2) Voir sur le sujet le reportage photographique correspondant référencé 8ARMEE 6.
(3) Voir sur le sujet le reportage photographique correspondant référencé 8ARMEE 5.
(4) Cette cérémonie est en fait située à Brumath (Bas-Rhin).

« Retrouvez ici l’histoire du Journal de guerre ».

Informations sur la vidéo

  • Date de l'évènement : Semaine du 29 novembre 1939.
  • Référence : J10
  • Copyright : ECPAD
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