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La photographie stéréoscopique, l’ancêtre de l’image 3D

L’ECPAD dispose de près de 20 000 vues stéréoscopiques dans son fonds Première Guerre mondiale.

L’attrait pour la photographie en relief et son utilisation est aussi ancien que l’invention de la photographie « plate ». Les premiers procédés de photos en relief apparaissent à partir des années 1850, et l’intérêt ne cesse de croître jusqu’aux années 1950, avant de s’éteindre brutalement.

Equipé d’un système de double optique, l’appareil stéréoscopique permet de prendre deux images légèrement décalées d’un même objet au même instant. Après développement, l’utilisateur les visionne dans un appareil binoculaire, qui permet de restituer la vision en relief, le cerveau effectuant un travail de recomposition de la scène à partir des deux images.

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A la veille de la Grande Guerre, la photographie stéréoscopique connaît un véritable engouement, favorisé par la commercialisation d’appareils de prise de vues destinés aux professionnels ou aux amateurs.

Pendant la Première Guerre mondiale, de nombreuses photographies sont prises avec ces appareils, et ceci par l’ensemble des belligérants, que ce soit au sein de structures professionnelles, ou directement par des soldats disposant de leur propre équipement. Pendant et après la guerre, toute une production voit donc le jour, commercialisée auprès du public par des sociétés proposant des vues stéréoscopiques relatives au conflit, vu généralement sous ses aspects les plus crus ou les plus « spectaculaires ».

Créée au mois d’avril 1915, la Section photographique de l’armée (SPA) déploie, sur les champs de bataille de France et à l’étranger, ses opérateurs. Certains sont équipés d’appareils de prise de vue stéréoscopiques, utilisant des négatifs de format 6×13 cm (soit deux vues en format 6×6 cm) couchés sur une plaque de verre. Ceux-ci représentent donc un atout pour les reporters photographes, car leur taille est plus petite que celles des chambres traditionnelles montées sur trépied. L’opérateur peut facilement prendre des images avec son boitier stéréoscopique, parcourant plus facilement les terrains dévastés du front.

Sur l’ensemble des clichés pris par les opérateurs de la SPA entre 1915 et 1919, soit environ 97 000 vues, on peut estimer à 20 000 le nombre de vues stéréoscopiques. Durant le conflit, la Section photographique de l’armée organise plusieurs expositions destinées au public, proposant aux visiteurs de découvrir les dernières vues du front grâce à l’appareil de visionnage Stéréodrome développé par la société Gaumont.

L’ensemble de ces vues, aujourd’hui consultables à la médiathèque de l’ECPAD, témoignent des conditions de vie des soldats dans les tranchées, des grandes batailles et des destructions engendrées par la guerre, ainsi que des événements politiques et sociaux marquant l’histoire de la France en guerre.

Retrouvez une sélection d’images stéréoscopiques dans la galerie ci-dessous où l’effet en relief est rendu par une animation GIF qui fait s’alterner les deux images.

De nombreuses autres images stéréoscopiques sont en libre consultation à la médiathèque du fort d’Ivry ouverte au public du lundi au vendredi (horaires d’ouverture).

  • La photographie stéréoscopique, l’ancêtre de l’image 3D
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