Il s’agit d’une série de portraits d’officiers français réalisée entre 1869 et 1882. Ces images exceptionnelles par leur rareté et leur ancienneté ont été cédées à l’ECPAD en 2010, par contrat de donation. Elles appartenaient au général André Mesple (1863-1935) et constituent à ce jour la collection qui renferme les photographies les plus anciennes conservées dans les fonds d’archives de l’ECPAD.
Portrait du sous-lieutenant de Fontenay du 8e régiment de Dragons en 1869. France, lieu inconnu.
Épreuve sur papier albuminé au format « carte de visite ».
Photographe : inconnu. Référence : D140-2-16
Ces portraits de militaires au format « carte de visite » illustrent le phénomène de « mode » que sont ces épreuves réalisées en studio devant des décors artificiels. Très en vogue sous le règne de Napoléon III, ce goût va perdurer jusqu’à la fin du XIXe siècle.
La collecte des archives privées à l’ECPAD : une mission patrimoniale
L’établissement joue un rôle majeur dans la préservation des archives photographiques et cinématographiques militaires. Doté d’équipements permettant la conservation de ces archives dans des conditions optimales et s’appuyant sur les compétences professionnelles de ses personnels, l’établissement a développé sa politique de collecte d’archives privées (photos et films d’amateurs uniquement).
Alors que les Sections Photographique et Cinématographique de l‘Armée (ancêtres de l’ECPAD) ont été crées en 1915, c’est bien ces « dons privés » qui permettent à l’établissement de présenter au public des images antérieures à la création du service.
D’une valeur inestimable, ces documents, donnés par des particuliers, des associations ou des institutions en rapport avec l’univers de la Défense, forment une source de premier ordre pour l’enrichissement des collections de l’ECPAD. Les archives privées apportent un éclairage inédit sur la vie des armées et complètent également les fonds institutionnels, en particulier pendant l’entre-deux-guerres, période durant laquelle le service cinématographique des armées n’était plus constitué.
Les fonds privés de L’ECPAD comptent aujourd’hui 60 000 photographies, tous supports confondus, et 60 titres de films. Archives ouvertes, les dons ont tous trait à l’armée française et retracent les parcours militaires individuels entre 1869 et 1996 pour les photographies, et des années trente à nos jours pour les films. La moitié de ces collections de photographes amateurs couvre les années antérieures à 1920.
Les fonds privés sont une source de documents précieux pour de nombreux sujets :
- l’expansion coloniale de la France (Madagascar, Tonkin, Algérie etc.),
- les conflits mondiaux,
- les guerres de décolonisations,
- la vie quotidienne des armées (manœuvres, instruction, commémorations etc.).
Être donateur à l’ECPAD : une mémoire sauvegardée
Les supports photographiques et audiovisuels ont évolué et bien des documents se détériorent et tombent dans l’oubli faute de ne pouvoir être lus ou regardés. En les cédant à l’ECPAD, le donateur assure leur conservation et leur lisibilité. Les photographies ou les films d’amateurs ainsi cédés retrouvent une seconde vie et servent à la mémoire commune.
Pour accomplir cette démarche, il suffit d’effectuer un dépôt provisoire des documents originaux au pôle des archives de l’ECPAD. Les photographies et les films déposés sont ensuite examinés attentivement par une commission scientifique qui évalue la pertinence des archives proposées.
S’il est établi que les images complètent les fonds institutionnels, apportent un regard neuf et sont d’une qualité technique suffisante, un contrat de donation est signé conjointement par le directeur de l’ECPAD et le donateur. Tout particulier désirant faire un don à l’ECPAD doit détenir la propriété des images et être libre de disposer des droits d’exploitation qui leur sont rattachés, car ces droits seront cédés à titre exclusif à l’ECPAD lors du don.
En contrepartie de ce don d’archives, l’ECPAD remet au donateur une copie des documents cédés à l’établissement : les photographies sont tirées sur support papier ou enregistrées sous forme numérique sur un DVD ; les films sont, quant à eux, transférés sur support vidéo professionnel grâce à des travaux de télécinéma et font l’objet d’une copie sur DVD.
Pour tout renseignement, vous pouvez adresser un mail à dons-archives@ecpad.fr
Autres exemples de collections privées venues récemment enrichir le fonds ECPAD :
Les photos du don d’Amade :
Les archives photographiques du général Albert d’Amade (1856-1941) présentent un intérêt historique de premier ordre car elles illustrent, pays après pays, les missions confiées à cette haute autorité militaire. Une part importante des clichés concerne son séjour en Chine lorsque, capitaine, il rejoint la représentation diplomatique française au titre d’attaché militaire (1887-1891). Son talent de photographe offre un regard très intéressant sur un pays alors encore fermé à l’Occident. Au titre d’informateur au service de la France, il consigne également des témoignages sur l’armée du Peï-Tchi-Li et les défenses côtières jalonnant le Pei-Ho, voie d’entrée fluviale vers Pékin.
Après la Chine, le lieutenant-colonel d’Amade rejoint un second poste d’attaché militaire à Londres (1899) où il sera vite appelé pour une nouvelle mission d’observation au quartier général de l’armée anglaise au Transvaal (Afrique du Sud) pendant la seconde guerre des Boers (1900). Promu au grade de général de brigade, Albert d’Amade reçoit en décembre 1907 le commandement des troupes françaises débarquées à Casablanca au Maroc pour pacifier le secteur de la Chaouïa. En 1915, le général de division Albert d’Amade prend la tête du corps expéditionnaire d’Orient et rejoint la coalition britannique sur le front des Dardanelles. Cependant, un différent sur l’appréciation stratégique des opérations va l’écarter durablement du commandement. Dès la fin du mois d’avril 1915, il est limogé et sera relevé par le général Gouraud. Lorsqu’il décède en 1941, sa dépouille est déposée aux Invalides.
Les photos du don Brocheton :
Ce reportage présente des photos rares des villes de Paris entre 1875 et 1900, Saint-Cloud en ruines après les bombardements de la guerre de 1870, Auteuil en ruines en 1871, Vincennes et Deauville vers 1890/1900.












