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Reporters en Afghanistan – 2010 – 1ère partie

Reporters en Afghanistan - 2010 - 1ère partie

L’hiver 2009-2010 ne voit pas d’interruption des activités des Taliban contre les forces de la Coalition et du gouvernement central afghan. Les mois de janvier et février 2010 montrent une importante augmentation du nombre de militaires coalisés tués, notamment par des bombes placées le long des axes routiers. Le 2 janvier 2010, le Parlement afghan refuse l’investiture de 17 des 24 membres du nouveau gouvernement Karzaï. D’autre part, le 18 janvier 2010, la guérilla lance un important raid au centre de la capitale afghane pendant lequel le palais présidentiel est partiellement incendié, ce qui illustre la dégradation du pouvoir du gouvernement central d’Hamid Karzaï. Une autre attaque des Taliban sur Kaboul tue 17 personnes le 26 février 2010. Le processus de réconciliation global auquel le président Karzaï invite les Talibans, non membres d’Al-Qaïda ou d’une autre organisation terroriste, est rejeté par le mollah Omar.

Lors de la conférence internationale de Londres du 28 janvier 2010, qui réunit près de 70 pays sur l’avenir de l’Afghanistan, l’ouverture d’un dialogue avec une partie des Talibans est débattue. Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, y annonce le début de la transition de la responsabilité en matière de sécurité dans certaines provinces à la fin 2010 ou au début 2011. Des décisions sur la lutte contre la corruption, le développement économique et la coopération régionale sont aussi prises.

L’administration américaine du président Obama tente une reprise en main de la situation sur le théâtre afghan à travers une nouvelle stratégie, annoncée en décembre 2009, qui vise à empêcher Al-Qaïda de trouver refuge en Afghanistan par un partenariat renforcé avec le Pakistan, à pousser les Taliban à engager des négociations par des opérations militaires, et à permettre au gouvernement afghan de devenir autonome. En février 2010, d’importants dirigeants Taliban afghans sont arrêtés au Pakistan. Au niveau militaire, 30 000 soldats supplémentaires sont déployés en Afghanistan dans la première moitié de l’année 2010, avec des missions concentrées sur la sécurité des principales agglomérations urbaines et sur la formation des forces de sécurités afghanes. Leurs efforts sont appuyés par des troupes supplémentaires provenant d’autres pays membres de l’OTAN comme l’Allemagne qui inscrit son aide dans un programme de transfert de responsabilité aux troupes afghanes qui s’achèverait en 2014. Les États-Unis prévoient aussi un retrait graduel de leurs troupes.

Le 13 février 2010, les forces de l’Otan lancent l’offensive Mushtarak, impliquant 15 000 militaires, destinée à mettre fin à l’emprise des Taliban sur la province d’Helmand et le secteur de Marjah dans le sud du territoire. Une OMLT (opérational mentoring and liaison team) française et son kandak de militaires afghans participent à cette offensive. Le 28 mars 2010, le président américain, Barack Obama, effectue une visite surprise à Kaboul. En avril 2010, Hamid Karzaï, qui a pris le contrôle de l’ECC (commission des plaintes électorales), multiplie les diatribes contre la communauté internationale, qui l’accuse d’avoir organisé les fraudes qui ont marqué sa réélection en 2009 et craint que les prochaines élections législatives de septembre ne connaissent le même sort. Les Taliban attaquent Bagram, la plus grande base et prison militaire de l’OTAN en Afghanistan le 19 mai 2010 et perpétuent d’autres attentats à Kaboul. En juin 2010, le porte-parole du Pentagone admet que les insurgés Taliban contrôlent en partie le sud, le centre et le nord du pays.

En juillet 2010, la France, 4e contributeur de la Coalition, annonce l’envoi de 250 militaires français en renfort en Afghanistan, portant son contingent engagé dans la FIAS (force internationale d’assistance à la sécurité) et l’opération Enduring Freedom à 4 000 hommes. Des militaires français sont insérés dans chaque structure de commandement des états-majors de la FIAS à Kaboul. Les forces françaises consacrent l’essentiel de leur effort à la sécurisation de leur zone de responsabilité en Surobi-Kapisa. 2 500 militaires servent la brigade La Fayette (ou TFLF, task force La Fayette), placée sous commandement américain et clé du dispositif français. 500 autres militaires travaillent à la montée en puissance de l’ANA (armée nationale afghane) dont 370 dans les 7 OMLT de Surobi-Kapisa et une centaine au sein du dispositif Epidote de formation de commandos et d’officiers afghans. Au 28 avril 2010 : le général Chavancy succède au général Druart à la tête de la TFLF, installée sur la FOB (base opérationnelle avancée) de Nijrab en Kapisa. La TFLF comprend le BAT-Hélico ou battle group Musketter (Mousquetaires) basé à l’aéroport de Kaboul (ou KAIA, Kaboul international airport), armé de 11 hélicoptères (3 Tigre, 3 Caracal, 2 Cougar et 3 Gazelle Hot Viviane) de l’ALAT (aviation légère de l’armée de terre), et deux GTIA (groupement tactique interarmées) de 800 hommes chacun : le GTIA Surobi ou battle group Bison sur la FOB Tora avec le COP (poste avancé) de Rocco en vallée d’Uzbeen et le COP 46 d’Hutnik en vallée de Tagab, et le GTIA Kapisa ou battle group Allobroges. Un BAT-LOG (bataillon logistique) est basé au camp de Warehouse à Kaboul avec un hôpital militaire de campagne à KAIA. Au DET-AIR (détachement air) de Bagram, 20 aviateurs mettent en œuvre des drônes Harfang de surveillance et de reconnaissance du nord est du territoire afghan, équipés dès mars 2010 du système de liaison de données air-sol ROVER et de radars GTMI. En outre, le DET-Air de Kandahar dispose de 6 avions de combat et celui de Dushambé au Tadjikistan sert 2 Transall C-160 et un ravitailleur KC-135.

Le second portfolio consacré à l’année 2009 témoigne de la présence des reporters de l’ECPAD auprès des troupes françaises stationnées en Afghanistan à cette période.

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