Vient de paraître : « La Circassienne »

Leïla du Luart a été l’une des dernières « femmes d’épopée » du XXe siècle : c’est ce que montre la journaliste Guillemette de Sairigné dans la biographie qu’elle consacre à cette séductrice. La Circassienne courtisée par la cour du Tsar, exilée du Caucase, réfugiée à Shanghaï, puis mannequin chez Chanel, devint une héroïne de la Seconde Guerre mondiale et la grande dame de la Légion étrangère.

Née en 1898 en Kabardie, dans le Caucase, Leïla Hagondokoff grandit au sein d’une famille de neuf enfants. Son père est commandant en chef des forces impériales en Extrême-Orient. Leïla et ses sœurs apprennent très tôt à soigner les blessés. A 19 ans, elle épouse un officier, ancien page du Tsar dont elle a un fils. Pour fuir la Révolution, ils traversent la Russie et gagnent Shanghai où elle subsiste. Divorcée, elle part pour la France. Très vite célèbre pour sa beauté, elle devient mannequin, ouvre sa maison de couture et rencontre un milliardaire américain qui établit un trust en sa faveur. Elle épouse Ladislas du Luart et sa deuxième vie va commencer.

Quand arrive la guerre d’Espagne, Leïla invente et fait financer des ambulances à l’intérieur desquelles, pour la première fois, on pratique la chirurgie lourde en zone de combat. Cette approche nouvelle sauvera des milliers de blessés. A partir de 1936, à la tête de cette formation chirurgicale mobile, elle va sur tous les fronts : guerre d’Espagne, camps d’internement de Vichy en Algérie en 1941, campagnes de Tunisie, d’Italie, de France. En 1945, elle franchit le Rhin parmi les premières et défile à Paris le 14 Juillet. Elle crée un Centre militaire de détente à Alger pendant la guerre d’Algérie puis devient la marraine et la très généreuse donatrice d’un régiment de la Légion dont elle est l’icône.

Illustré par de très belles images des fonds de l’ECPAD, La Circassienne retrace la vie extraordinaire de cette femme à la beauté célèbre, à la volonté de fer, au grand courage physique, d’une grande humanité, et qui entretint jusqu’à sa mort sa légende et ses mystères.

La Circassienne, de Guillemette de Sairigné, est publié chez Robert Laffont (510 p., 22 €).

Guillemette de Sairigné est journaliste et écrivain. Elle a publié notamment Tous les dragons de notre vie et Mon illustre inconnu : enquête sur un père légende.

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