Les « petites Curies », ces unités mobiles de radiologie qui interviennent au plus près des lieux de l’engagement militaire afin d’opérer les blessés le plus rapidement possible, circulent  sur le front dès octobre 1914. La célèbre scientifique, épaulée par sa fille ainée Irène, a en effet, dès le début des hostilités souhaité se consacrer entièrement à l’effort d’une guerre dont les pertes militaires provoquées par la violence des armes industrielles nécessitent une mobilisation importante et novatrice des services de santé.

La mémoire visuelle de cette médecine de guerre sur le front français est abondante grâce à la place éminente que conquièrent les images fixes et animées pendant le conflit. En février 1915, en effet, la création de la section cinématographique de l’armée (SCA), puis, en avril de la même année, de la section photographique de l’armée (SPA) permettent à de nombreux opérateurs de rendre compte de la logistique, des pratiques et des infrastructures médicales mobilisées des ambulances du front aux hôpitaux de l’arrière – notamment à travers l’utilisation de la radiologie.

L’Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense (ECPAD), héritier de la SCA et de la SPA est le gardien de cette mémoire conservée et à valoriser. Il a donc souhaité mettre à disposition du thème choisi par la direction des patrimoines, de la mémoire et des archives du ministère des Armées (DPMA) un corpus photographique et filmique directement en lien avec la radiologie et la médecine de guerre.

Les 16 photographies choisies convoquent cet univers médical de l’urgence et de la novation sur le front de l’Ouest. Elles permettent d’aborder la diversité et l’adaptation des structures hospitalières dans la prise en charge des blessés et du traitement chirurgical, dont la radiologie permet une plus grande efficience. Les clichés 1 à 3, tirés du même reportage, offrent ainsi une lecture séquentielle de l’importance de la radiographie. Les autres photographies permettent de prendre la mesure des conditions dans lesquelles se déroulent les actes chirurgicaux et d’évoquer les différents niveaux de cette chaine de soutien médical.

Le film sur L’ambulance automobile chirurgicale offre la possibilité de se représenter clairement les fonctions essentielles de cette structure sanitaire, également appelée « auto-chir ». Le passage sur la voiture radiologique (TC 5 : 48 : 00 – 7 : 41 : 00) se lit comme la matérialisation animée de l’importance de l’engagement de Marie Curie durant la Première Guerre mondiale et de la réussite des avancées scientifiques et de la recherche appliquée dans la prise en charge des blessés par projectiles.

L’ambulance automobile chirurgicale (1916).
Noir et blanc muet.
Réal. Alfred Machin – durée 7 min. 41 s.
© Alfred Machin/SCA/SPCA /ECPAD/14.18A861