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    La bataille de Bir Hakeim : le premier grand succès militaire de la France libre

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    Publié le 8 juin 2026

    À l'occasion de la sortie du film La Bataille de Gaulle d’Antonin Baudry, retour sur un épisode marquant de l’histoire des Forces françaises libres durant la Seconde Guerre mondiale : la bataille de Bir Hakeim. En plein désert, 3 700 soldats de la France Libre font face à 37 000 soldats allemands et italiens. Explications.

    Les combattants de Bir Hakeim.
    © ECPAD/Collections La Documentation française

    Ancien point d’eau isolé au sud de la ligne de Gazala, dans le désert libyen, Bir Hakeim occupe une position stratégique dans le dispositif allié. Du 27 mai au 11 juin 1942, il devient le théâtre de l’un des actes de résistance les plus remarquables de la France libre.

    1942 : l’Afrique du Nord sous haute tension

    Au printemps 1942, un moment décisif de la campagne d’Afrique du Nord se joue en Libye. Les troupes britanniques sont en difficulté face aux forces de l’Axe. Les colonnes germano-italiennes avancent et gagnent du terrain.

    Le 26 mai 1942, le général Erwin Rommel lance une grande offensive contre les positions alliées en Cyrénaïque. À la tête de l’Afrika Korps, celui que l’on surnomme déjà le « Renard du désert » cherche à percer le front britannique afin de poursuivre son avance vers l’Égypte, le canal de Suez et la route des Indes. Pour mener cette opération, il dispose de dizaines de milliers de soldats, de centaines de chars, d’une puissante artillerie et du soutien de la Luftwaffe. Mais sur son flanc sud se trouve un obstacle inattendu : Bir Hakeim. Ce modeste point d’eau perdu dans le désert libyen va devenir l’un des symboles de la résistance alliée et compliquer sérieusement les plans de Rommel.

    La 1re Brigade française libre : des hommes venus de tous les horizons

    La position de Bir Hakeim est défendue par la 1re Brigade française libre, placée sous le commandement du général Pierre Koenig. Cette troupe hétéroclite incarne à elle seule l’esprit de la France libre. Elle rassemble près de 3 700 hommes venus de tous les horizons, principalement de l’empire colonial français. On y trouve des Africains, des Tahitiens, des Antillais, des Guyanais, des Malgaches, des Cambodgiens, des Libanais ainsi que des légionnaires de la 13e demi-brigade de la Légion étrangère. Sont également présents des Français de métropole qui ont refusé la défaite de 1940 et choisi de rejoindre les Forces françaises libres du général de Gaulle.

    Le génie tactique de Bir Hakeim : le dispositif en étoile

    Les soldats français aménagent un dispositif défensif particulièrement efficace. La position est organisée en étoile et entourée de vastes champs de mines, percés seulement de quelques passages contrôlés. Les forces de l’Axe sont ainsi contraintes d’attaquer par des axes bien identifiés.

    Dans cette étendue désertique presque totalement dépourvue de relief et de végétation, la seule protection consiste à s’enterrer. Les hommes creusent des trous individuels, aménagent des abris pour leurs armes et leur matériel, puis attendent, enfouis dans le sable brûlant de Bir Hakeim, l’arrivée de l’ennemi.

    Sous l’orage d’acier

    Le 27 mai 1942, les Italiens lancent le premier assaut avec la division Ariete. Environ quatre-vingts chars avancent vers Bir Hakeim. Les Français les laissent approcher jusqu’au bord des champs de mines, attendent le dernier moment, puis ouvrent le feu avec leurs canons antichars. Pour certains défenseurs, notamment les légionnaires, les combats se poursuivent à très courte distance. Sortant de leurs abris, ils s’attaquent aux blindés immobilisés à l’aide de grenades et de charges explosives. À l’issue de cette première attaque, la division Ariete perd une cinquantaine de chars.

    Cet échec irrite Rommel, qui décide de changer de stratégie. À partir du 2 juin, il fait intervenir l’artillerie lourde et intensifie les bombardements aériens. L’historien Benjamin Massieu, spécialiste de la France Libre, décrira plus tard ce déluge de feu comme un véritable « tapis de bombes ». Un orage d’acier s’abat alors sur Bir Hakeim.

    Les défenseurs se retrouvent encerclés, privés de ravitaillement et de renforts. Les munitions s’épuisent, tout comme les réserves d’eau, mais les Français continuent de résister. Les Britanniques demandent aux Français de tenir le plus longtemps possible afin de fixer les forces de l’Axe et de permettre à leurs propres unités de se replier puis de se réorganiser. Le 9 juin, la décision est prise de tenter une sortie. Dans la nuit du 10 au 11 juin, les Français lancent une sortie et percent les lignes de l’Axe sous le feu ennemi avant de rejoindre les forces britanniques.

    Le bilan après seize jours de résistance

    Au total, seize jours de résistance retardent significativement l’offensive de Rommel. Le bilan français s’élève à 140 tués, 130 blessés et 763 disparus (dont environ 600 prisonniers), soit des pertes nettement inférieures à celles infligées aux forces de l’Axe. L’héroïsme de ces soldats permet aux forces alliées de se replier vers l’Égypte, où se jouera quelques mois plus tard la bataille décisive d’El Alamein.

    À l’issue des combats, le général de Gaulle adresse ce message au général Koenig : « Sachez et dites à vos troupes que toute la France vous regarde et que vous êtes son orgueil. »

    Ces mots saluent l’exploit des combattants de la France libre. Par leur résistance à Bir Hakeim, ils démontrent au monde que la France continue le combat aux côtés des Alliés et qu’elle demeure une force militaire capable de tenir tête aux armées de l’Axe.

    L’ECPAD conserve dans ses fonds des archives photographiques des combattants de Bir Hakeim. Ces images sont les témoignages directs d’un épisode essentiel de la France Libre. Pour aller plus loin, découvrez notre reportage « Bir Hakeim, les combattants du désert », diffusé en 2022 : 


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