Le concours photographique « Sergent Sébastien Vermeille » a été créé en septembre 2013 par la Délégation à la communication et à l’information de la Défense (DICoD) et repris par l’armée de Terre en 2019, pour rendre hommage au sergent Sébastien Vermeille, de la cellule images de Lyon (SIRPA Terre), mort pour la France le 13 juillet 2011 en Afghanistan, dans l’accomplissement de sa mission de «soldat de l’image ».


Le prix a pour but de promouvoir le travail des photographes professionnels du ministère des Armées ou hors ministère, qui, sur le terrain, valorisent l’engagement des hommes et des femmes de l’armée de Terre, au service de la France et de nos concitoyens.

Trois prix sont remis chaque année :

  • le prix de la meilleure photographie,
  • le prix du meilleur reportage photographique (10 à 15 photographies),
  • le prix spécial du partenaire.

Un jury présidé par le chef d’état-major de l’armée de Terre et composé de spécialistes de l’image, militaires et civils, se réunit pour choisir les lauréats.

Cette année, l’ECPAD est fier que le prix du meilleur reportage ait été attribué au sergent-chef Thomas Paudeleux, pour son reportage « Pour que vive la France ».

« Ce reportage est un hommage aux treize décédés en mission au Mali, légendé par le poème du capitaine Clément Frison-Roche. Une photographie est dédiée à chaque strophe du poème.
Mon but est de porter haut le courage et l’honneur de chaque militaire partant en mission. Je souhaite rappeler par mon reportage que chaque militaire foulant de ses pas la bande sahélo-saharienne met sa vie en jeu pour mener à bien des missions dangereuses, sur un territoire hostile. Ces missions, qui parfois le dépassent, n’altèrent en rien sa définition du sacrifice et du devoir à accomplir.
Le poème du capitaine Frison-Roche renforce cet état d’esprit, propre et unique au soldat français. Mon pays a des défauts, mais il a aussi de grandes qualités. Parmi elles, la résilience, la fraternité et le sacrifice sont le fondement de notre drapeau.
À travers ce reportage, je souhaite montrer ces qualités et rappeler à ceux qui l’auraient peut-être oublié, que des personnes sacrifient leur vie pour nos valeurs et notre liberté. »

Pour que vive la France

Ainsi, toujours poussés vers une étrange quête
Nos pères s’en allaient-ils bravant la destinée,
Tantôt l’air abattu par le poids des conquêtes,
Tantôt l’air guilleret de leurs jeunes années.

Une tempête affole la faune locale, le convoi slalome dans les nuées d’oiseaux.
Du 2 au 20 janvier 2020, les forces armées maliennes (FAMa) appuyées du groupement tactique désert 1 (GTD1) « Acier » ont mené l’opération Bourgou 5 dans la région du sud Gourma, au Mali. 550 hommes étaient déployés parmi les sous groupements tactiques désert (SGTD) « Jonquille », « Taureau », « Blanc » et « Sanglier » à la croisée des frontières entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Leur mission : désorganiser les réseaux de groupes armés terroristes (GAT) implantés dans la région, et en caractériser son centre de gravité, la ville de Tessit.

Région de Tessit, le 5 janvier 2020.

Sur les champs de bataille, côtoyant la laideur,
Ils connaissaient la vie et ses plus tristes heures.
Pas un ne regrettait mais tous avaient au cœur
Ce que signifiait mourir au champ d’honneur.

Dans la nuit du 7 au 8 novembre 2019, en lisière de la forêt de Tofagala au Burkina Faso, des GAT (Groupes Armés Terroristes) sont observés autour de la BOAT (base opérationnelle avancée temporaire) du SGTD1 (sous groupement tactique désert) « Taureau » et FABF (Forces Armées du Burkina Faso). Entre 19 h et minuit, des tirs de sommation au canon de 25 mm ainsi que des tirs d’obus éclairants au mortier de 81 mm sont effectués afin de dissuader l’ennemi. Vers 1 h 30, une colonne de pick-up GAT est observée progressant en direction de la BOAT. Des tirs de destruction sont alors effectués.

Région de la forêt de Tofagala, le 7 novembre 2019.

Du plateau de Pratzen où la brume se fane,
Des tranchées de Verdun aux rizières du Tonquin,
Par-delà le Djebel et les vallées afghanes,
La souffrance et la peur étaient leur quotidien.

À l’arrêt, le personnel de la force Barkhane débarque du convoi pour ratisser et protéger la zone. Du 8 au 18 décembre 2019, le sous groupement tactique désert (SGTD) « Jonquille », armé par la 3e compagnie du 16e bataillon de chasseurs à pied (16e BCP), a mené l’opération Koufra 10 dans le Gourma, en appui d’une section des forces armées maliennes (FAMa). Parti depuis la plateforme opérationnelle désert (PfOD) de Gao, le SGTD avait pour mission de reconnaître l’axe reliant la ville de Gao à celle de Tessit, avant d’opérer dans une zone comprise entre Tessit, Léléhoy et Labézanga, aux confins du fleuve Niger.

Région du Gourma, le 15 décembre 2019.

Mais pour que vive la France et la gloire de son nom,
Ils portèrent au front son prestigieux emblème,
Et subissant l’affront jusqu’à celui suprême,
Ils tombèrent en héros sous le feu des canons.

Le brigadier-chef Salles de Saint Paul en poste de gunner durant la mission Ariel 2. Images de l’équipage du Cougar victime de la collision entre deux hélicoptères durant une opération de combat au Mali.
Vol en hélicoptère Cougar de l’aviation légère de l’armée de Terre. Le gunner, le brigadier-chef Romain Salles de Saint Paul du 5e RHC, décèdera 24 heures plus tard dans l’accident impliquant la mort de treize militaires. Dans le cadre de l’opération Ariel 2, mené par le groupement tactique désert aérocombat (GTDA) depuis la base opérationnelle avancée temporaire (BOAT) de Ménaka, des vols de reconnaissance et d’appui sont effectués au bénéfice du sous groupement tactique désert 1 (SGTD1) Noir et du groupement de commandos parachutistes (GCP). Le SGTD Noir dans le cadre de l’opération Bellone 12 et les GCP dans le cadre de l’opération Jebsheim 16.

Région de Ménaka, le 24 novembre 2019.

Les yeux levés au ciel implorant le pardon,
Leurs corps meurtris exhibaient une douleur extrême,
Et dans l’ultime soupir sur leurs visages blêmes,
Leurs lèvres murmuraient ce cantique moribond:

Le 30 novembre 2019 sur la plateforme opérationnelle désert (PfOD) de Gao a eu lieu la cérémonie de levée des corps cinq jours après le décès de treize militaires français lors d’une collision entre deux hélicoptères au cours d’une opération de combat au Mali. La cérémonie est présidée par le général Facon, COMANFOR, commandant la force Barkhane.

PfOD de Gao, le 30 novembre 2019.

Oh tendre France, douce gardienne de mon baptême,
Prenez ici ma vie, je vous en fais le don,
Veillez sur ma famille et tous les gens que j’aime,
Et rendez je vous prie mon sacrifice fécond…

Le 30 novembre 2019 sur la plateforme opérationnelle désert (PfOD) de Gao a eu lieu la cérémonie de levée des corps cinq jours après le décès de treize militaires français lors d’une collision entre deux hélicoptères au cours d’une opération de combat au Mali. La cérémonie est présidée par le général Facon, COMANFOR, commandant la force Barkhane.

PfOD de Gao, le 30 novembre 2019.

Toi France, ingrate mère à la parure ternie,
Laisseras-tu leurs cris se perdre dans la nuit ?
Ils t’ont donné leur cœur, ils t’ont donné leur vie,
N’est-ce pas révoltant que nul ne les envie ?

Un dispositif est monté pour surveiller des caches d’armes où des membres de groupes armés terroristes viendraient déterrer de l’équipement.

L’operation Éclipse, se déroulant du 4  au 31 janvier 2021, a réuni l’ensemble des sous groupements tactique désert (SGTD) pour une opération d’envergure dans la région des trois frontières (Burkina Faso, Mali et Niger). L’ETIA N numéro 1, unité rattaché au G5 Sahel, composé de militaires et gendarmes nigériens, ainsi que l’ETIA B 1 et 2, composé de deux compagnies burkinabè ont appuyé l’opération à l’aide de la force Barkhane. Orange, le sous groupement tactique désert (SGTD) à dominante cavalerie, composé du régiment du 1er chasseur de Thierville-sur-Meuse, le 3e régiment du génie de Charleville Mézière et le premier tirailleur d’Épinal ainsi que le 3e RAMA de Canjuers a composé sa mission avec les ETIA de Niamey jusqu’à Korfou oué oué.

Région de Fadar Fadar, Burkina Faso, le 19 janvier 2021.

À tes illustres fils tombés pour la patrie,
Plutôt que souvenir tu préfères l’oubli,
À tes jeunes enfants disparus aujourd’hui,
Plutôt que bienveillance tu préfères le mépris.

L’appui aérien s’effectue en liaison au sol avec une équipe spécialisée appelée JTAC (Joint tactical Air controller).
Le convoi logistique du sous groupement logistique de Gao sur l’opération Rhone Bravo 01. Ce convoi consiste à transférer du matériel militaire, du carburant et des véhicules sur la base de Tombouctou. Composé de plus de 80 véhicules, il est protégé par une escorte de la force Barkhane, par un appui aérien et l’aviation légère de l’armée de Terre.

Région de Gao, le 11 février 2021.

Qu’adviendra-t-il de nous ta jeune génération ?
Parmi les injustices de tes institutions,
Et le désintérêt de ta population,
Ne saurons-nous jamais où part ton attention ?

En base opérationnelle avancée temporaire (BOAT), un hélicoptère Cougar vient récupérer un blessé léger. L’opération Éclipse, se déroulant du 4 au 31 janvier 2021, a réuni l’ensemble des sous groupements tactique désert (SGTD) pour une opération d’envergure dans la région des trois frontières (Burkina Faso, Mali et Niger). L’ETIA N numéro 1, unité rattaché au G5 Sahel, composé de militaires et gendarmes nigériens, ainsi que l’ETIA B 1 et 2, composé de deux compagnies burkinabè, ont appuyé l’opération à l’aide de la force Barkhane. Orange, le sous groupement tactique désert (SGTD) à dominante cavalerie, composé du régiment du 1er chasseur de Thierville-sur-Meuse, le 3e régiment du génie de Charleville Mézière et le premier tirailleur d’Épinal ainsi que le 3e RAMA de Canjuers a composé sa mission avec les ETIA de Niamey jusqu’à Korfou oué oué.

Région des trois frontières, Burkina Faso, le 7 janvier 2021.

Quel sort réserves-tu à ceux qui serviront ?
Nulles considérations, seules quelques concessions !
Pourtant tu le sais bien, nous qui te chérissons,
Nous ne demandons rien qu’un peu de compassion !

Le G5 Sahel procède au ratissage d’un ouadi près de Fadar Fadar.
L’opération Éclipse, se déroulant du 4 au 31 janvier 2021, a réuni l’ensemble des sous groupements tactique désert (SGTD) pour une opération d’envergure dans la région des trois frontières (Burkina Faso, Mali et Niger). L’ETIA N numéro 1, unité rattaché au G5 Sahel composé de militaires et gendarmes nigériens, ainsi que l’ETIA B 1 et 2, composé de deux compagnies burkinabè, ont appuyé l’opération à l’aide de la force Barkhane. Orange, le sous groupement tactique désert (SGTD) à dominante cavalerie, composé du régiment du 1er chasseur de Thierville-sur-Meuse, le 3e régiment du génie de Charleville Mézière et le premier tirailleur d’Epinal ainsi que le 3e RAMA de Canjuers a composé sa mission avec les ETIA de Niamey jusqu’à Korfou oué oué.

Région de Fadar Fadar, Burkina Faso, le 19 janvier 2021.

Et s’il m’advenait un jour de périr en ton nom,
Ce serait avec foi mais non sans une question,
Pour que revive France et la gloire de son nom,
Je te lancerais sans haine ce dernier affront,

Cérémonie du 11 novembre 2019 sur la plateforme opérationnelle désert (PfOD) de Gao. Présidé par le général de brigade aérienne Carcy, général adjoint opérations du COMANFOR (commandant de la force Barkhane) accompagné de la médecin général des armées Maryline Gygax-Genero, directrice centrale du service de santé des armées.

PfOD de Gao, le 11 novembre 2019.

Tandis que mon chant du cygne, funeste merveille,
Pareil au flot gémissant de mon sang vermeil,
Fera couler ces mots aux milles résonances:
« France, ma France, qu’as-tu fait de ta reconnaissance ?

Les trois jours de ratissage terminés, les hélicoptères danois (Merlins) récupèrent la compagnie de combat pour les ramener sur l’emplacement du train de combat no 2 où se situe le commandement.
Du 2 au 20 janvier 2020, les forces armées maliennes (FAMa), appuyées par le groupement tactique désert 1 (GTD1) « Acier », ont mené l’opération Bourgou 5 dans la région du sud Gourma, au Mali. 550 hommes étaient déployés parmi les sous groupements tactiques désert (SGTD) « Jonquille », « Taureau », « Blanc » et « Sanglier » à la croisée des frontières entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Leur mission : désorganiser les réseaux de groupes armés terroristes (GAT) implantés dans la région, et en caractériser son centre de gravité, la ville de Tessit.

Région de Tessit, le 14 janvier 2020.

Le sergent-chef Thomas Paudeleux débute sa carrière militaire en septembre 2012 en intégrant l’école de formation des sous-officiers de l’armée de l’Air. Après sa formation, jeune sous-officier, il est affecté sur la base aérienne 120 de Cazaux. Au sein de la cellule communication, il fait ses premières armes dans le monde de l’image.

En août 2018, il est muté à l’ECPAD et intègre la cellule photographie.
Au quotidien, il démontre ses capacités dans ce métier, entouré de camarades des trois armées. Ainsi, c’est avec un chef d’équipe images de l’armée de Terre et un caméraman marin qu’il est projeté pour la première fois en opération extérieure au Sahel, en octobre 2019. Sur place, il se distingue une nouvelle fois par ses qualités humaines exceptionnelles et sa technicité.

Au plus près des unités, il témoigne sans relâche de l’engagement des militaires français engagés sur le terrain dans l’opération Barkhane. C’est au cours de ce premier mandat au Mali qu’il est confronté pour la première fois à la perte de camarades au combat. De cet événement si marquant et intime pour tout militaire, il tire aujourd’hui un reportage photo unique qui se voit récompensé du prix Sergent Sébastien Vermeille.