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    Jean-Albert Fortier, prisonnier, Stalag XII-D. Images officielles, images clandestines (2026)

    • Exposition

    Publié le 16 juin 2026

    A partir du 17 juin 2026, l'ECPAD présente, dans la médiathèque du Fort d'Ivry, une exposition consacrée aux photographies que Jean-Albert Fortier a réalisées durant sa captivité au Stalag XII-D à Petrisberg, en Allemagne, de 1940 à 1945.

    À l’automne 1939, Jean-Albert Fortier (1912-1978), photographe-reporter au magazine L’Illustration est mobilisé par l’armée française dans le corps du génie. Fait prisonnier par l’armée allemande en mai 1940, il est interné au Stalag XII-D, à Petrisberg, en Allemagne. En tant que photographe, il est affecté au développement des photographies d’immatriculation des prisonniers. Fortier profite de cette situation pour réaliser des actions de sabotage dans le Stalag et commence à subtiliser des pellicules vierges, dans l’espoir de documenter les conditions de vie de ce camp de prisonniers. Mais il lui manque un appareil.

    L’administration du Stalag va elle-même remédier à ce problème. Ayant besoin de photographies visant à entretenir la légende de la « captivité dorée » des prisonniers français, Fortier se voit confier la mission de photographier les activités artistiques et les bons soins que reçoivent les prisonniers. Ne souhaitant pas se limiter à ce rôle de photographe officiel, Fortier fabrique, au péril de sa vie, un double des clés du bureau de la Kommandantur où est rangé l’appareil photo du Stalag. Il l’utilise régulièrement en cachette. À rebours des photographies de propagande, il dévoile alors l’envers du décor : les baraquements surpeuplés, les conditions de vie indignes, la solidarité entre prisonniers et enfin la libération du Stalag en mars 1945.

    Après la Libération, Fortier poursuit sa carrière de photographe en France. Ses photos du Stalag XII-D sont publiées en 1949 dans l’ouvrage de Francis Ambrière Images des grandes vacances. Il ne reparlera jamais de sa captivité. Les 200 photographies réalisées par Fortier durant la guerre ont été données à l’ECPAD par son fils en 2017 et viennent combler une lacune du patrimoine audiovisuel de l’armée. En effet, durant la Seconde Guerre mondiale les photographes militaires français n’ont pas accès aux camps de détention sous administration allemande, il ne leur est donc pas possible de les photographier. Ici, Fortier documente son expérience de détention de manière intime. Il nous offre un témoignage rare de l’ambiguïté du médium photographique, servant aussi bien à leurrer qu’à révéler.

    Les légendes de ces seize photographies de Jean-Albert Fortier sont celles parues en 1949 dans Images des grandes vacances, Francis Ambrière, éditions Les œuvres françaises, Paris.

    Le fonds Fortier

    Le fonds Fortier est l’un des 660 fonds conservés par l’ECPAD au titre des entrées par voie extraordinaire. Issues de dons, de legs ou d’acquisitions, ces archives représentent aujourd’hui près de 440 000 photographies et 1 100 titres d’images animées. Complémentaires des archives produites par les armées, ces fonds sont majoritairement composés d’images réalisées par des opérateurs non professionnels — militaires ou civils — dont la pratique, plus libre, offre un regard singulier sur les réalités militaires. C’est cette complémentarité des points de vue qui fonde leur intérêt et justifie leur entrée dans les collections de l’établissement. Souvent constitués sur la durée, les fonds entrés par voie extraordinaire permettent de suivre des trajectoires individuelles et de croiser, au sein d’un même ensemble, archives publiques et familiales, donnant ainsi accès à une mémoire incarnée et plurielle.

    Informations pratiques

    Fort d’Ivry, médiathèque de l’ECPAD
    A partir du 17 juin 2026
    Du lundi au jeudi de 9h à 17h, le vendredi de 9h à 16h.
    2-8 route du Fort, 94205 Ivry-sur-Seine
    Gratuit et libre d’accès (voir les conditions d’accès à la médiathèque)
    A votre arrivée, merci de déclarer à l’accueil du Fort le motif de votre visite.


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