Germaine Kanova, photographe de guerre
Publié le 12 mars 2026
Rédigé par Constance Lemans-Louvet, chargée d’études documentaires principale à l’ECPAD, Germaine Kanova, photographe de guerre retrace l’itinéraire de cette femme exceptionnelle, de Londres au début du conflit jusqu’à la Pologne en 1946. Là-bas, employée par les Nations unies, elle poursuit son travail de témoin en photographiant la vie des déportés et des orphelins pris en charge par l’aide humanitaire.

Elle a photographié la Libération et la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, son nom reste encore largement méconnu du grand public. Longtemps restée dans l’ombre, elle est aujourd’hui au cœur de l’ouvrage Germaine Kanova, photographe de guerre, édité par l’ÉCPAD (Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense), qui met en lumière le parcours extraordinaire de l’une des premières femmes photographes de guerre.
En posant un regard sensible sur la détresse des victimes mais aussi sur leur résilience, Germaine Kanova est devenue un véritable témoin de l’Histoire. Elle a documenté la libération de la France et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Allemagne, avec près de 1 800 photographies, prises entre décembre 1944 et septembre 1945. Ses clichés, conservés à l’ÉCPAD, constituent un ensemble documentaire majeur pour cette période.
Aux premières lignes de l’Histoire
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’engagement de Germaine Kanova en faveur de la France libre s’affirme. À Londres, elle photographie les autorités françaises en exil, dont le général Charles de Gaulle. Mais c’est sur le terrain qu’elle veut exercer son métier.
Son engagement la mène d’abord dans les maquis du Sud-Ouest, en mission pour l’Office français d’information cinématographique. Là-bas, elle montre le quotidien des maquisards, leurs conditions de vie précaires et les risques permanents qu’ils affrontent.
Le 22 novembre 1944, elle intègre le Service cinématographique de l’armée (SCA) et est embarquée avec les troupes sur le front. Équipée de deux appareils photographiques, elle documente la réalité brute de la guerre avec un regard humaniste.
Ses portraits en contre-plongée, légèrement décalés, confèrent aux visages saisis par l’objectif une présence et une dignité singulières. Des images qui révèlent autant sa maîtrise technique que sa proximité avec ceux qu’elle photographie.

Témoin de l’horreur nazie
Le 13 avril 1945, Germaine Kanova entre dans le camp de concentration de Vaihingen, découvert par l’armée française quelques jours plus tôt. Elle y photographie la prise en charge des déportés, les morts quotidiennes, mais aussi le dévouement du personnel de santé. Aujourd’hui, ces photographies constituent un témoignage essentiel sur l’horreur des camps.

