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    L’opération Daguet et l’offensive Tempête du désert en Irak dans les fonds de l’ECPAD

    • Archives films

    • Archives photos

    Publié le 16 janvier 2025

    L’opération Daguet et l’offensive Tempête du Désert en Irak dans les fond de l’ECPAD.
    © ECPAD/Défense

    Le 2 août 1990, le président de la République d’Irak, Saddam Hussein, décide d’envahir l’État du Koweït sur lequel l’Irak revendique la souveraineté. Cette invasion est condamnée par une résolution des Nations unies. Le 29 novembre 1990, le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) autorise le recours à la force contre les troupes irakiennes si celles-ci n’ont pas évacué le Koweït avant le 15 janvier 1991. François Mitterrand, le président de la République française, décide la participation de la France à l’embargo naval de l’Irak à partir du 9 août 1990. Afin de contribuer à la défense de l’Arabie saoudite, la division Daguet, corps expéditionnaire français, est mise sur pied à compter du 19 septembre, dans le cadre de l’opération Bouclier du désert.

    Vue aérienne du dessin de Salamandre formé par 550 militaires sur le pont du porte-avions Clemenceau.
    Mer Rouge, entre le 20 et le 28 août 1990.
    © Michel Riehl/ECPA/ECPAD/DIA 28 03 20 01
    Débarquement des soldats du 35e régiment d’artillerie parachutiste (35e RAP).
    Yanbu (Arabie saoudite), le 29 ou le 30 septembre 1990.
    © Christian Fritsch/ECPA/ECPAD/DIA 28 04 08 04
    Deux avions de combat Mirage 2000 au décollage sur la base aérienne.
    Al Ahsa (Arabie saoudite), entre le 25 et le 31 décembre 1990.
    © Yann Le Jamtel/ECPA/ECPAD/DIA 28 04 83 10

    Le 17 janvier 1991, à deux heures du matin, débute l’offensive internationale Tempête du désert qui se traduit par trente-huit jours de bombardements aériens et cent heures d’opérations terrestres en Irak, avant la reddition de Saddam Hussein. Le 28 février 1991, le cessez-le-feu est déclaré. Dans le même temps, le régime irakien se plie aux douze résolutions imposées par le Conseil de sécurité de l’ONU.

    Couverture médiatique de l’événement par les armées

    Tout au long de l’engagement des forces françaises au sein de la division Daguet, l’Établissement cinématographique et photographique des armées (ECPA) a couvert l’essentiel des opérations militaires (Salamandre, Bouclier du désert et Tempête du désert), grâce à la présence permanente d’équipes image déployées sur le terrain, appuyées par un laboratoire photo et un banc de montage vidéo installés à Riyad, en Arabie saoudite, permettant ainsi de fournir quotidiennement des images aux chaînes de télévision et aux organes de presse français.

    Placé sous l’autorité du Service d’information et de relations publiques des armées (SIRPA), l’ECPA exécute des reportages pour le compte du ministère de la Défense. Relevant directement du cabinet du ministre, le SIRPA prépare, conduit et coordonne l’information et la communication du ministère de la Défense.

    La station de liaison par satellite INMARSAT de l’ECPA, au campement du 2e régiment étranger d’infanterie (2e REI).
    Arabie saoudite, novembre ou décembre 1990.
    © Christian Fritsch/ECPA/ECPAD/1 990 246 17 31
    Exercice franco-égyptien de tir de missile Milan depuis un VAB du 2e régiment étranger d’infanterie (2e REI), filmé par une équipe de l’ECPA.
    Arabie saoudite, entre le 16 et le 20 janvier 1991.
    © Didier Charre/ECPA/ECPAD/DIA 91 02 434

    Les archives audiovisuelles produites pendant ce conflit réunissent des ensembles issus de plusieurs services du ministère des Armées et des Anciens Combattants, auxquels s’ajoutent quelques fonds entrés par voie extraordinaire.

    La première composante correspond aux productions de l’ECPA, dont vingt-six opérateurs ont réalisé en 1990 et 1991 un volume considérable d’images, soit 32 000 photographies et 300 heures de tournages. Cet ensemble constitue le noyau principal de la documentation audiovisuelle relative au conflit.

    La seconde composante regroupe les images produites par d’autres services du ministère. Le SIRPA Terre a contribué à hauteur de 1 275 photographies issues de douze reportages et de dix-huit vidéogrammes. Les cellules photographiques audiovisuelles régionales de Toulon et de Brest ont, quant à elles, produit respectivement 3 091 photographies provenant de vingt-neuf reportages et deux vidéogrammes pour la première, et 959 photographies issues de sept reportages et vingt-six vidéogrammes pour la seconde.

    La troisième composante est constituée de fonds entrés par voie extraordinaire. Ces fonds privés complètent utilement les images institutionnelles. Parmi eux figurent notamment les archives du médecin général des armées Yves Cudennec, réunissant 1 265 photographies et cinq vidéogrammes.

    L’ensemble forme aujourd’hui un corpus de 381 reportages photographiques totalisant 39 924 images fixes, ainsi qu’un fonds d’images animées composé de cent vingt produits montés, dont dix-sept magazines éditorialisés, et de 932 rushes.

    Mobilisation et organisation des soldats de l’image

    Les campagnes d’entretiens menées à l’ECPAD en 2014 et 2020, au cours desquelles d’anciens opérateurs de l’ECPA ont livré leurs souvenirs de la guerre du Golfe, offrent aujourd’hui un éclairage précieux sur l’organisation concrète de leur travail. Ces témoignages permettent de mieux comprendre les conditions dans lesquelles les équipes image ont été constituées, déployées puis relevées, ainsi que les méthodes de captation et de transmission mises en œuvre sur le théâtre d’opérations.

    La première équipe, comprenant des opérateurs aguerris, part dès le 13 août 1990 dans le cadre de l’opération de projection des forces militaires Salamandre, dotée d’un équipement de protection lié au risque nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique. Avant tout techniciens de l’image, les opérateurs sont coordonnés par un chef d’équipe et un officier qui fait le lien entre les différentes autorités hiérarchiques et les commandes de reportages. Les militaires sur le terrain sont relevés tous les deux ou trois mois. Chaque opérateur a ainsi réalisé une ou deux missions dans le Golfe au cours de la durée des opérations

    L’équipe de l’ECPA, composée d’un capitaine chef d’équipe, d’un brigadier caméraman et d’un adjudant photographe, discute au bord d’une piste.
    Axe Texas (Irak), 26 février 1991.
    © Yann Le Jamtel, Miechel Riehl/ECPA/ECPAD/1 991 001 224 14

    Les équipes image sont accompagnées par un chauffeur, clé de leur indépendance et de leur mobilité sur le terrain, et par un technicien chargé de l’antenne de liaison par satellite. Après la prise de vues, les pellicules photographiques et les cassettes vidéo sont envoyées par navette et centralisées au SIRPA, à Riyad tous les deux ou trois jours. Le développement sur papier des pellicules négatives se pratique sur place grâce à un laboratoire photo miniaturisé de type « Minilab ». Les pellicules diapositives, en revanche, avec leur chimie particulière, ne peuvent pas être traitées sur place. Remis dès que l’opportunité s’en présente aux équipages de l’armée de l’Air qui effectuent des rotations avec la France depuis Riyad, les rouleaux sont livrés au laboratoire de l’ECPA, au fort d’Ivry-sur-Seine, afin d’y être développés.

    Le travail en trinôme — photographe, caméraman et preneur de son — repose sur la complémentarité des techniques employées et sur la coordination des angles de prise de vues, afin d’éviter toute interférence lors d’interviews ou de séquences opérationnelles. Après répartition des sujets, les équipes image partent chaque quotidiennement vers des unités désignées pour documenter différents sujets comme le déploiement de troupes ou un exercice aéroporté. Les sujets des photographies réalisées sont presque exclusivement militaires, car les rencontres avec les populations locales sont fortuites sur ce théâtre d’opération.

    Toutes les phases de l’opération ont été traitées et illustrées : la préparation et l’attente en Arabie saoudite, tout comme l’offensive aéroterrestre en Irak, la libération et le déminage des plages de Koweït City, avant le retour des troupes célébré en métropole.

    Trois reporters photographes de l’ECPA sont postés derrière un abri de sac de sable en zone de déploiement opérationnel Olive.
    Arabie saoudite, entre le 15 et le 20 février 1991.
    © Photographe inconnu/ECPA/ECPAD/DIA 91 02 1695

    La prise d’As-Salmān

    La couverture de la prise de la ville d’As-Salmān en Irak par la division Daguet lors de l’offensive terrestre lancée le 24 février 1991 a été une expérience très particulière pour les trois photographes présents : Christian Fritsch accompagnant le 2e régiment étranger d’infanterie (2e REI), Michel Riehl étant aux côtés du 3e régiment d’infanterie de marine (3e RIMa) et Yann Le Jamtel se partageant entre les deux unités. La succession de vents de sable et de pluie, d’une ampleur inédite pendant les semaines d’attente dans le désert, a conféré une « dimension théâtrale » aux événements, comme en a témoigné le photographe Michel Riehl auprès de l’ECPAD, lors de la rédaction du livre Daguet, une division française dans la guerre du Golfe, 1990-1991. La veille de l’offensive, le capitaine Jean-Michel Delarue, chef d’équipe image, avait indiqué aux opérateurs de prise de vues qu’ils seraient positionnés à l’avant du dispositif dans leur véhicule léger, entre les blindés français et le front irakien. Mais ne sachant pas qu’ils avaient dépassé les troupes de tête, les militaires de l’ECPA ont fait une incursion, seuls dans la ville, désertée par les forces irakiennes, avant l’investissement de l’objectif par la division Daguet et réalisé un reportage unique et inattendu.

    Une équipe de tournage ECPA interviewe un adjudant du 3e régiment d’infanterie de marine (3e RIMa). Au premier rang, le sergent chef Riehl.
    As-Salmān (Irak), 26 février 1991.
    © Yann Le Jamtel/ECPA/ECPAD/1 990 001 216 24
    Une équipe de tournage et un photographe de l’ECPA prennent pour sujet un char T-55 irakien détruit en zone Rochambeau.
    Irak, entre le 23 et le 28 février 1991.
    © Yann Le Jamtel/ECPA/ECPAD/DIA 91 02 3833

    Projection à longue distance d’un important dispositif militaire, l’opération Daguet a représenté un laboratoire qui a permis de moderniser l’outil militaire français. Pendant plusieurs décennies, les armées ont été les héritières de ces réformes structurelles qui leur ont permis de faire face à de nouvelles formes d’engagement.

    Opération Salamandre. Passage du canal de Suez par le Colbert et le navire de ligne américain Wisconsin (à droite).
    Égypte, entre le 20 et le 23 août 1990.
    © Michel Riehl/ECPA/ECPAD/1 990 192 03 13

    Chantal Alexis


    Les films et les photographies sur Images Défense

    Bibliographie indicative

    • Cheron Bénédicte, Daguet, une division française dans la guerre du Golfe 1990-1991, Ivry-sur-Seine, ECPAD, 2021, 224 p. (collection : « Au cœur de »)
    • Centre d’études d’histoire de la défense, La participation militaire française à la guerre du Golfe : actes de la table ronde du CEHD, 2 février 2001, Paris, Centre d’études d’histoire de la Défense, 2004, 131 p. (Cahiers du Centre d’études d’histoire de la défense ; no 21)
    • Le Pichon Yann (dir.), Guerre éclair dans le Golfe. La défense du droit, Paris, Jean-Claude Lattès, 1991, 215 p.
    • Armées d’aujourd’hui, no 161, juin-juillet 1991
    • Armées d’aujourd’hui, supplément au no 158, mars 1991, « Spécial Golfe »
    • Terre Magazine, nos 22-23, mars-avril 1991, « Spécial Golfe »

    Sitographie

    • Bouquet Frédéric (réal.), La conquête d’As Salman – La grande aventure de la division Daguet [web-documentaire], Ivry-sur-Seine, ECPAD, 2011, disponible sur : https://webdocs.ecpad.fr/daguet/
    • Association Site Daguet (ASD), site : Opération Daguet, disponible sur : https://operation-daguet.fr

    Les Services producteurs

    Les services producteurs dont les images relatives à la guerre du Golfe sont conservées à l’ECPAD sont au nombre de quatorze.

    1. la Délégation à l’information et à la communication de la Défense (DICoD),
    2. l’Établissement cinématographique et photographique des armées (ECPA),
    3. le service d’information et de relations publiques de l’armée de Terre (SIRPA Terre),
    4. le service d’information et de relations publiques de l’armée de l’Air (SIRPA Air),
    5. la cellule photographique et audiovisuelle régionale (CPAR) de Brest,
    6. la cellule photographique et audiovisuelle régionale (CPAR) de Toulon,
    7. le 18e régiment de transmissions (18e RTrs),
    8. la 4e brigade aéromobile (4e BAM),
    9. la base d’aéronautique navale (BAN) d’Hyères,
    10. l’École interarmées du renseignement et des études linguistiques (EIREL),
    11. l’École du service de santé des armées (ESSA) de Lyon-Bron,
    12. le fonds audiovisuel et photographique du médecin général des armées Yves Cudennec,
    13. le fonds audiovisuel du lieutenant-colonel André Belenguer,
    14. le fonds photographique d’Yves Debay.

    Les fonds présentés ci-dessous sont particulièrement notables par leur volume, et représentatifs de l’opération couverte avec des images réalisées au plus près des militaires déployés sur ce théâtre.

    L’Établissement cinématographique et photographique des armées (ECPA)

    Reportage du magazine télévisé Top Défense
    Identification : no 4 : 90.7.47, no 5 : 90.7.49, no 6 : 90.7.60, no 7 : 90.7.70, no 9 : 91.7.009, no 10 : 91.7.015, no 13 : 91.7.068, no 16 : 91.7.081 et no 23 : 92.7.048
    Importance matérielle : 9 numéros de 25 minutes
    Dates : entre 1990 et 1992
    Présentation du contenu : sous la direction du SIRPA, le magazine Top Défense est réalisé par le personnel de l’ECPA et diffusé sur la chaîne de télévision publique France 3. Le magazine a consacré de nombreux sujets ou numéros entiers à différents aspects et événements de la guerre du Golfe. Ces magazines offrent un aperçu de la communication des armées contemporaines de l’intervention des forces française dans le Golfe à l’intention du grand public.

    Reportages photographiques couvrant l’ensemble des opérations
    Identification : DIA 28 03 (01 à 22) ; DIA 28 04 (01 à 90] ; DIA 90 278 ; DIA 91 02 (00001 à 04480) ; DIA 91 031 ; DIA 91 038 ; DIA 91 114 ; DIA 91 249]. (hyperlien)
    Importance matérielle : 6 791 diapositives en couleurs de dimension 24 x 36 mm réparties en 129 reportages.
    Dates : entre le 2 août 1990 et le 22 juin 1991
    Présentation du contenu : ces reportages permettent de documenter l’ensemble des opération Salamandre, Bouclier du désert et Tempête du désert.

    Montages audiovisuels à destination des rédactions
    Identification : BAT 030, BAT 032, BAT 131, BAT 204, BAT 217, BAT 500 et BAT 503
    Importance matérielle : 7 vidéogrammes bandes à thèmes (BAT)
    Dates : 1990-1991
    Présentation du contenu : les bandes à thèmes, composées à partir des nombreux rushes de l’opération Daguet réalisés par les équipes de tournage de l’ECPA, représentent une sélection d’images établie en vue de leur valorisation par des sociétés de production. La sélection opérée met souvent en avant les matériels modernes engagés par les armées françaises.

    Fonds audiovisuel et photographique du médecin général des armées Yves Cudennec (1946-2013)

    Identification : photographies : D199 ; images animées : FA 97
    Importance matérielle : 1265 diapositives et 5 cassettes vidéo
    Dates : 1990–1991
    Description biographique : Yves Cudennec est né le 24 mai 1946 à Morlaix (Finistère). Médecin général des armées, il commande l’hôpital de campagne Daguet (HCD) à Rafha près de la frontière entre l’Arabie saoudite et l’Irak de la mi-janvier à la mi-mars 1991.
    Présentation du contenu : Yves Cudennec tient quotidiennement un journal photographique sur ses activités. Les principales thématiques sont l’embarquement des troupes et leur acheminement vers le théâtre d’opérations, le déploiement et les activités de l’hôpital de campagne Daguet et une visite du 93e hôpital d’évacuation américain.