Silence après l’impact (2026)
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Exposition
Publié le 11 avril 2026
Du 11 avril au 12 juillet 2026, l’exposition Silence après l’impact. Photographier les ruines de guerre, présentée en partenariat avec l’ECPAD et Arte, interroge la photographie de ruines de guerre et ce qu’elle révèle des conflits.

Le territoire du Nord–Pas-de-Calais, et en particulier les villes de Lens et d’Arras, ainsi que des villages tels que Souchez ou Ablain-Saint-Nazaire, ont été presque entièrement détruits pendant la Première Guerre mondiale. Les affrontements par l’artillerie y ont laissé un paysage dévasté, un territoire meurtri où ne subsistaient souvent que ruines, gravats et vestiges d’habitations. Dans ces paysages silencieux, la photographie est devenue l’un des moyens privilégiés pour témoigner de l’ampleur des destructions et conserver la trace d’un territoire anéanti par la guerre.
Dans l’iconographie de la guerre, la ruine apparaît lorsque le vacarme s’apaise. Après l’explosion, après l’effondrement, parfois même après la fin du conflit, s’installe une forme de silence chargé de stupeur, que le photographe tente de capter. Des milliers d’images, professionnelles comme amateurs, ont cherché à saisir ce monde d’après le choc, où la violence demeure encore palpable.
Des deux guerres mondiales aux conflits les plus contemporains comme l’Ukraine ou Gaza, l’exposition réunit des exemples marquants sans prétendre couvrir l’ensemble des affrontements des XXᵉ et XXIᵉ siècles.
À travers des archives et des photographies réalisées par des opérateurs de l’ECPAD (anciennement Section photographique des armées) ainsi que par des photographes tels que Peter Richard Sen, Grant McLean, Richard Peter, Eric Bouvet, Edouard Elias, Chloé Sharrock et Fatma Hassona, le parcours propose des clés de lecture pour comprendre ce que ces images de destruction racontent des conflits.
La ruine apparaît d’abord comme document : témoin d’un événement, trace matérielle d’un affrontement, parfois même preuve versée à l’histoire ou à la justice. Puis l’image se charge d’une toute autre puissance : instrumentalisée, détournée, elle peut devenir outil de propagande ; mais elle peut aussi, par sa force visuelle et esthétique, dire les conséquences d’un conflit avec une intensité qu’aucun texte ne saurait égaler.
Entre silence et sidération, ces photographies interrogent notre regard : que voyons-nous lorsque nous contemplons les images de la destruction ? Quelle perception des conflits ces images nous livrent-elles, encore aujourd’hui ?
Informations pratiques : site du Mémorial’14-18 Notre-Dame-de-Lorette